Etranglées par la hausse de l’énergie, des piscines contraintes de fermer leurs portes

Découvrant avec stupeur en ce début septembre, que la piscine Alfred Sevestre à Issy les Moulineaux avait été fermée cet été en pleine canicule pour des raisons de coût d’électricité m’a vraiment frappé. Cela renvoie douloureusement aux activités que certains ont choisi de classer non-essentielles il y a peu de temps, celles qui ont été les dernières à ré-ouvrir lors du premier déconfinement, et les premières que l’on sacrifie en cas d’imprévu. Combler un déficit de budget municipal en fermant un équipement utilisé pour les loisirs des habitants, l’apprentissage de la natation aux scolaire, et la pratique sportive est clairement un échec, et presque une honte, davantage encore dans une France qui se prépare aux JO 2024…

En tant que nageur régulier, je connaissais les piscines fermées pour la vidange annuelle, les fermetures pour travaux plus ou moins longs ou encore les fermetures pour grèves des uns ou des autres. Tout cela étant bien intégré dans mes habitudes de nageur citadin devant jongler entre plusieurs piscines. Mais là c’est un phénomène totalement nouveau et inquiétant.

Cela pourrait être une anecdote, statistiquement sur près de 3,000 piscines en France il se passe chaque jour certainement des choses stupéfiantes (rien qu’à voir le débat surréaliste à Grenoble sur le burkini), mais cette fois ce problème pourrait avoir davantage de conséquences. Tout d’abord on parle d’Issy les Moulineaux, donc une commune plutôt aisée de l’ouest parisien. Ensuite, et encore plus inquiétant, ce n’est pas un phénomène isolé. Le journal Ouest France rapporte en effet que l’Hippocampe de Granville géré par Vert-Marine est fermé pour une durée indéterminée depuis ce dimanche 4 septembre à cause de la hausse du prix de l’énergie. Le même concessionnaire invoque la même raison à Limoges où L’Aquapolis ne réouvrira pas ses portes cette semaine comme prévu initialement. Egalement à Roye dans la Somme, laissant sur le carreau les usagers, les clubs, et les scolaires qui devaient commencer leurs séances de piscines dès ce lundi. De très nombreuses piscines en France sont concédées à des organismes privées qui en assurent la gestion, comme Vert Marine, Carilis ou même l’UCPA. Ces organismes répondent à des appels d’offre pour remporter des contrats de délégation de service public, et gèrent eux-même les finances et le budget de la piscine, comme les salaires du personnel, ou les factures d’électricité… elles seront donc toutes confrontées tôt ou tard à la hausse vertigineuse des prix de l’énergie lors de la revue de leur contrat de fourniture d’énergie, et cela ne concernera pas que les piscines, le même problème se posant pour les remontées mécaniques et inquiète fortement les professionnels du secteur.

Le prix de l’énergie pour les professionnels a flambé en un an. De 85 € le mégawattheure (MWh) il y a un an à plus de 1000 euros aujourd’hui, et avec des échanges à plus de 1600 euros le MWh pour décembre ! La piscine Aquapolis à Limoges qui avait budgétisé 600 000 euros de frais d’électricité pour l’ensemble de l’année a déjà dépensé 1 600 000 euros à ce jour, ce qui empêche au délégataire de service public selon-lui d’assurer l’exploitation de la piscine.

La piscine Keller, gérée également par Vert Marine risque t’elle ce même genre de fermeture ? Le problème se pose aussi pour toutes les autres piscines concédées à des organismes privés tout comme celles exploitées directement par les municipalités. Certaines piscines particulièrement énergivores comme la piscine Puteaux, un bassin 50m extérieur chauffé à 28°C va t’elle résister aux hausses du coût de l’électricité ?

Les piscines ont là un défi de taille à relever. Le bon sens voudrait que l’on se tourne vers la sobriété énergétique, en réduisant de un ou deux degrés la température des piscines, ou que l’on réduise les douches. En cette période d’inflation, espérons que ce problème ne soit pas répercuté sur le coût du prix des entrées des piscines.

Bob Bowman, légende ultime

Lorsque l’on est passionné par le sport et plus précisément par la natation, Bob Bowman est forcément un nom qui compte. Entraîneur américain, il a vu son nom grimper en flèche dans le gotham mondial lorsqu’il a propulsé son plus fidèle poulain vers le devant de la scène grâce à des performances extraordinaires : l’immense Phelps.

Aujourd’hui, Bowman ne profite pas encore de sa retraite puisqu’il entraîne toujours au sein de l’université de l’Arizona, l’une des facs américaines les plus performantes dans le championnat NCAA de natation. Une certaine logique lorsque l’on se remémore les succès de ce même entraîneur avec l’université du Michigan entre 2005 et 2008. 

Que cela soit au sein des universités, du surpuissant club de Baltimore ou à la tête de la sélection américaine, Bowman jouit d’une réputation dépassant l’entendement. Et aussi rare pour être signalé dans le sport de très haut niveau, Bowman est également une personne grandement appréciée au bord des piscines. Un fait qui mérite d’être souligné. 

Palmarès XXL 

Il fut à la tête de l’une des plus grandes équipes de natation de l’histoire lors des Jeux Olympiques de 2016 à Rio de Janeiro. Responsable d’un grand nombre de succès en plusieurs décennies, Bowman obtenait en effet le Graal ultime pour un entraîneur en gérant des nageurs tels que Caleb Dressel, Katie Ledecky ou encore un certain Michael Phelps qui continue, plusieurs années après sa retraite, de lui vouer un respect immense et éternel. 

L’entraîneur a vu Phelps remporter huit médailles d’or dans cet écrin

Arrivé adolescent sous sa houlette, Phelps n’aura quasiment connu que Bowman en tant qu’entraîneur. La suite ? Le plus grand palmarès de l’histoire en natation et globalement, dans le monde du sport. Au total, 23 titres olympiques et 26 titres mondiaux en grand bassin. Pour l’éternité. 

Marchand, dernière trouvaille : à l’aise à l’étranger

Dans le monde du sport, il n’est jamais facile de s’exporter en fonction des disciplines. Dans le monde du poker, il peut être plus aisé de le faire pour les meilleurs comme pour les amateurs, tant les conditions restent idoines de n’importe quel endroit et d’autant plus lorsque l’on joue à ce jeu de cartes en ligne. Même au niveau des devises, beaucoup de choses sont facilitées pour permettre à tous de jouer leur va-tout et de faire parler leur talent où qu’ils soient. Pour la natation, une piscine reste une piscine, mais l’aspect émotionnel et le changement de pays peuvent être des données plus complexes à gérer chez un athlète

Ce n’est pas le cas pour Léon Marchand, aussi à l’aise à l’étranger qu’un joueur de poker comme mentionné ci-dessus. Le Français incarne le visage de Paris 2024 et sa route vers le titre olympique, en son pays, semble toute tracée. Quelques semaines après les Jeux Olympiques de Tokyo disputés en 2021, Bob Bowman a pris sous son aile le nageur français et le résultat fut tout de suite probant : des records nationaux et un titre de champion du monde sur 400 mètres 4 nages

On ne s’adapte pas toujours de la même manière

Polyvalent au possible, le Toulousain s’entraîne et suit son cursus universitaire au sein de l’université de l’Arizona. L’histoire est déjà belle auprès de Bowman, à l’aise avec les nageurs tricolores, apprécié en France et pour l’anecdote, contacté par Marchand lui-même pour devenir son entraîneur… 

Importateur de talents français 

Léon Marchand n’est pas le premier français à franchir l’Atlantique pour partir dans une université américaine ou tout simplement, auprès d’un coach et de ses infrastructures XXL. Encore moins avec Bob Bowman ! Dans le passé, ce fut par exemple le cas avec Yannick Agnel. 

Il est d’ailleurs rare de voir un entraîneur profiter d’un tel capital sympathie alors qu’il a pris l’habitude de « chiper » les meilleurs éléments de la nation. Très respectueux de la formation française, Bowman ne dérègle pas tout et sait garder sa place lors des championnats internationaux. Une chose appréciée par toute la fédération, jamais mécontente de voir ses joyaux continuer à ramener des médailles pour l’Hexagone. 

Marion Joffle : nouveau record pour la traversée de la Manche !

Un immense bravo à Marion, qui s’est longuement préparé à cette traversée, reportée de l’an dernier à cause du covid, et qui enfin a pu concrétiser hier l’un de ses rêves ! Une traversée difficile, l’eau de la Manche est fraîche, et pour être homologuée celle-ci doit se faire en simple maillot de bain. Partie vers 7h du matin du port de Douvres en Angleterre, elle touche terre en France 9h22 plus tard, battant ainsi à 23 ans le précédent record féminin en réalisant 20 minutes de moins.

Marion Joffle pendant sa traversée de la Manche à la nage.

Au cours de cette traversée, elle est accompagnée d’un bateau depuis lequel lui sont donné ses ravitaillements. Le règlement interdit de toucher le bateau ou qui que ce soit pendant la traversée.

Avec les forts courants, le bateau accompagnateur a aussi pour rôle d’orienter et d’optimiser la trajectoire.

Un juge officiel est présent à bord pour s’assurer que le règlement est bien respecté et pour homologuer la traversée. Ci-dessous la trajectoire de Marion :

Le parcours de la traversée à la nage entre l’Angleterre et la France par Marion Joffle.

La distance à vol d’oiseau est d’environ 34km, mais dans l’eau avec les courants elles est plus importante.

L’arrivée de Marion Joffle sur les côtes françaises vers 17h ce dimanche.

Marion, le « Pingouin souriant » a ainsi réussi son défi, alignant les coups de bras pour une cause à laquelle elle est attachée : le combat contre les cancers des enfants. Elle-même touchée à l’âge de 6 ans par une tumeur maligne qui lui a fait perdre le majeur de sa main droite. La médiatisation de sa traversée a permis de constituer une cagnotte pour l’Institut Curie.

Un immense bravo Marion pour cette traversée, cela force le respect, l’admiration, et l’inspiration !

Crédit photo : l’équipe de Marion Joffle.

Dans quelle piscine se rafraîchir pendant la canicule à Paris ?

Le thermomètre s’affole à nouveau, dans les prochaines heures le mercure devrait atteindre 40°C à Paris… des températures difficilement supportables en ville, et en cette période de vacances nombreux cherchent à se rafraîchir. Naturellement les piscines à Paris devraient être prise d’assaut, l’eau à 27°C étant idéale pour traverser cet épisode caniculaire au frais.

Or face aux fortes températures, il faudra s’armer de patience pour accéder à certaines piscines. Habituellement la piscine Roger le Gall ou encore celle de la Butte aux Cailles mettent en place des files d’attente en cas de forte affluence. Celles-ci disposent de bassins extérieurs. Pour éviter d’attendre trop, il vaut mieux arriver 15-20 minutes avant l’heure d’ouverture de la piscine afin d’être sûr de pouvoir rentrer. Car la capacité d’accueil des piscines est limitée, c’est l’indicateur FMI pour Fréquence Maximale Instantanée, calculée en fonction de la surface en mètres carrés de bassins. Or avec la chaleur, les chanceux qui arrivent à accéder au bassin ne vont pas se contenter de quelques longueurs, et certainement prolonger de quelques heures leur séance.

Le bassin extérieur de la piscine de la Butte aux Cailles. Crédit photo @murakanage / nageurs.com

Privilégiez les piscines loin des transports en commun, ou mal désservies. En effet il n’y a pas que des parisiens dans les piscines, certains viennent de plus loin, sachant que certaines communes réservent l’accès à leur piscine à leurs seuls résidents et abonnés en cas de forte chaleur : c’est le cas de la piscine de Puteaux dès que la température dépasse 30°C.

Avant de vous déplacer prennez garde aux piscines dans lesquelles le personnel serait en grève. En effet depuis quelques mois la réforme de leur statut leur fait perdre une partie de leurs avantages, et de nombreux usagers se sont ainsi retrouvés devant une piscine fermée, car pour accueillir le public il y a un nombre minimal d’agents devant impérativement être présents. Cette canicule pouvant être l’occasion de faire entendre leur mécontentement, mieux vaut téléphoner à l’établissement avant de vous déplacer.

Moins sujets aux grèves, les piscines concédées à des sociétés privées, dont le personnel ne fait pas partie de la fonction publique. C’est le cas de nombreuses piscines comme Keller, la piscine des Halles, Pailleron, etc. Gérées par l’UCPA, Vert-Marine, ou d’autres concessionnaires, celles-ci ne devraient pas être affectées par la grève. En général mieux désservies et proposant davantage d’activités, ce sont celles qui accueilleront certainement le plus de public ces prochains jours.

Les nageurs qui ont un laisser-passer pour la piscine Balard, cette piscine dans une enceinte militaire protégée à la Porte de Sèvres, pourront certainement profiter de la fraîcheur de cette piscine de 25m sans la foule.

Héritage du Covid, certaines piscines ont gardé le système de réservation préalable. Contraignant au quotidien, cela peut se révéler être une bonne chose pour garantir de pouvoir entrer. C’est le cas notamment de la piscine Joséphine Baker, sur une péniche amarée quai de la Gare face à la BNF.

La piscine Joséphine-Baker, crédit photo @Juana / Nageurs.com

Pour vous aider à trouver une piscine, vous pouvez aussi consulter notre carte interactive des piscines pour trouver une piscine à Paris ou ailleurs, puisque nous avons répertorié toutes les piscines en France.

Le défi de Monte Cristo attire toujours autant de passionnés d’eau libre

Le WE dernier a eu lieu la course désormais bien connue des amateurs d’eau libre : Le Défi de Monte Cristo. Cette course s’inspire du roman d’Alexandre Dumas dans lequel le Edmond Dantès prisonnier sur l’Île d’If au large de Marseille s’évade à la nage. Tous les ans c’est plusieurs milliers de nageurs qui ainsi réitèrent l’exploit de rejoindre le continent depuis cette minuscule île faisant partie de l’archipel du Frioul.

Cette année marque la 24è édition de cet événement. Les nageurs ont à nouveau répondu présent massivement avec très précisément 5,345 nageurs lors de ce cru 2022, confirmant l’engouement croissant pour la pratique de la natation en eau-libre, et asseyant à cet événement une stature majeure au niveau européen dans cette discipline. Cet événement grand public permet de côtoyer des athlètes professionnels, et rassemble ainsi des nageurs de tous horizons et de presque tous niveau. Car avec une distance de 5 kilomètres entre le château d’If et l’arrivée plage du Prado il faut déjà un bon niveau de natation. Il faut aussi composer avec les éléments, et les nageurs présents cette année pourront le confirmer. Face à l’afflux de participants, les épreuves étaient étalées sur trois jours, avec 10 épreuves réparties sur six distances différentes allant de 1km pour découvrir la discipline en longeant la plage, à l’épreuve reine de 6km. Avec ou sans palmes, tout ne s’est néanmoins pas déroulé comme prévu ce we, avec le vendredi une mer agitée contraignant l’organisation à changer le parcours initial. Ainsi les nageurs engagés ce jour-là pour la traversée ont dû se contenter d’un parcours longeant la côte. Les participants ont été informé au dernier moment une fois sur place, et le départ a regroupé deux vagues de nageurs.

Les plus chanceux ont nagé le samedi, après avoir embarqué dès 6h30 sur des vedettes direction le lieu du départ, les deux vagues de nageurs ont pu nager dans de très bonnes conditions sous un soleil radieux.

Le dimanche en revanche le défi a été perturbé par les méduses… A peine le départ donné, des cris ont été entendu et de nombreux nageurs ont dû être secourus par les marins pompiers sur une vedette de la SNSM. Ainsi 46 nageurs ont été repêchés, et à peine ceux-ci évacués de nouveaux nageurs de la seconde vague de départ ont eux aussi rencontré les mêmes méduses les contraignant à abandonner la course. En tout ce sont près de 80 nageurs qui ont subi ces piqûres, que les sauveteurs ont soulagé par l’usage de mousse à raser. Néanmoins les trois-quart des participants ont pu continuer la compétition. Les méduses prolifèrent en effet depuis plusieurs semaines sur la Côte d’Azur en raison des vents et de la raréfaction de leurs prédateurs les dauphins et les tortues.

Une ville en Allemagne autorise à nager seins nus à la piscine !

C’est en effet dans la petite ville de Göttingen en Basse-Saxe, que se passe un bouleversement dans le règlement des piscines. En effet il s’agit de la première ville en Allemagne à autoriser la pratique du seins nus à la piscine.

La raison de cette autorisation est plutot étonnante. Car si le but affiché est de donner plus d’égalité homme-femme, la vraie raison est un fait divers ayant eu lieu dans une piscine de cette commune en automne dernier. Un agent ayant demandé à une baigneuse qui nageait seins nus et de se couvrir le torse. Or la baigneuse dont il est question a refusé l’injonction car celle-ci ne s’identifiait pas comme une femme, mais comme un homme !

Ce fait divers a fait l’objet de nombreux débats dans la municipalité qui a donc mené à cette décision plutôt étonnante, et à la mise en oeuvre de cette expérimentation durant les week-ends jusqu’à la fin de l’été. Si certains usagers applaudissent la mesure et réclament une extension aux autres jours de la semaine, cela pose des problèmes pour les usagers pour qui la nudité est dérangeante. Le débat reste vif outre-Rhin sur la question.

La piscine Oberkampf menacée de fermeture

L’immeuble qui abrite la piscine Oberkampf dans le 11e arrondissement au 160 rue Oberkampf a été vendu et le club de fitness « Espace Form » qui gère la piscine prié de déménager. A l’heure actuelle l’avenir de la piscine est incertain, il s’agit des derniers bains de Paris du XIXe siècle qui subsistent, et les écoles du quartier y emmenaient jusqu’à il y a peu les élèves pour leur apprendre à nager. Il y a quelques années notre regretté Félin nous avait présenté en photo tous les recoins de cette piscine aux dimensions atypiques de 17 x 12 mètres.

Une pétition sur change.org a été lancée pour alerter sur le risque de voir cette piscine démolie, alors qu’elle avait ses adeptes et son intérêt dans le quartier. Ainsi plus de 1600 signatures à l’heure où sont écrites ces lignes ont déjà été récoltées.

Par cette fermeture le 28 février 2022, c’est le bien être de nos riverains et l’apprentissage de la natation scolaire ainsi que des écoles de natation qui se voient injustement touchés.

Selon Le Parisien, le maire PS du 11e François Vauglin a saisi la Ministre de la Culture Roselyne Bachelot afin de lui demander de protéger la piscine au titre des Monuments historiques.

Ils ont traversé le lac Titicaca à la nage !

Une aventure et un défi totalement hors norme pour ces trois nageurs tricolores. Et un trio de choc ! Théo Curin 21 ans, nageur handisport amputé des quatre membres à l’âge de 6 ans suite à une méningite, Malia Metella médaillée d’argent au 50m NL aux JO de 2004, et Matthieu Witvoet 27 ans éco-aventurier qui s’était illustré il y a quelques mois en nageant de Paris à Deauville pour sensibiliser sur la pollution (lire notre article à ce sujet ici).

Les nageurs ont préparé pendant plus d’un an cette épreuve, en s’entraînant dans le lac de Matemale dans les Pyrénées afin de s’accoutumer à l’altitude (1.541m) et à la raréfaction de l’oxygène.

La traversée de 122 km à la nage en relais aura nécessité 11 jours. Pour être en totale autonomie, les nageurs ont tracté leur radeau de près de 500kg construit à partir de déchets recyclés. C’est sur ce radeau d’à peine 4m2 qu’ils ont dormi et pris leurs repas.

“Des fois, j’ai cru qu’on allait crever, mais on est là. Les gens sont là. C’est ça réaliser ses rêves”. – Théo Curin

Les trois nageurs ont traversé des conditions très difficiles notamment du vent et des orages. A plusieurs reprises ils ont redouté le renversement de leur radeau à cause des vagues et des conditions climatiques désastreuses, alors qu’ils se trouvaient en plein milieu du lac à 90km de la côte la plus proche.

Le lac Titicaca au Pérou est le plus haut du monde à 3.800m d’altitude, la température de l’eau n’est à peine que de 10°C lors de la traversée et la raréfaction de l’oxygène à cette altitude rend cette aventure encore plus héroïque ! Ce sont les trois premiers nageurs de l’histoire à avoir traversé le lac Titicaca à la nage ! Un immense bravo à tous les trois !

Cartographie : quelles sont les rues de Paris à plus de 15 minutes à pied d’une piscine ?

La ville de Paris défend l’idée de la ville du quart d’heure. Concrètement la densité urbaine et le concentré de service se traduit pour les parisiens par la capacité de pouvoir tout faire ou presque dans un périmètre de quinze minutes à pieds du lieu où l’on se trouve. Commerces, écoles, bibliothèques, bureaux, lieux de loisirs, etc.

Mais qu’en est-il des piscines ?

Sur le site de Geoportail, on peut depuis la récente époque des attestations de déplacement calculer un isochrone. Cela consiste à dire tracer sur une carte toute une zone accessible à pieds à 15 minutes aux alentours d’une adresse. Selon la topologie des rues, des intersections, des passages, des espaces verts ou encore des ponts pour piétons, la zone accessible en quinze minutes n’est pas vraiment un cercle, mais est un polygone à forme très variable selon le point à partir duquel le calcul a été fait.

En compilant les résultats des 41 piscines parisiennes (en 2021) sur une seule et même carte, j’ai pu construire cette cartographie avec trois zones :

Catographie de la répartition des piscines à Paris. Les habitants de certains quartiers sont à bien plus de 15 minutes de marche d’une piscine.

Une première zone en bleu foncé pour les adresses à 5 minutes à pieds de la piscine. Juste autour, une seconde zone dans un bleu plus clair correspondant à 5 minutes supplémentaires. Et enfin une troisième zone correspondant aux limites des 15 minutes à pied. A noter que vous pouvez cliquer sur l’image pour ouvrir la carte interactive dans laquelle il est possible de faire un zoom rue par rue !

Certains quartiers étant bien pourvus en piscine, les habitants ont plusieurs choix à moins de 15 minutes. Ces zones proches de deux ou davantage de piscines sont également marquées en bleu plus foncées sur la carte.

Cette redondance de piscine permet d’assurer une continuité de service lorsqu’une piscine doit être fermée pour une vidange ou bien des travaux de réfection pouvant durer plusieurs mois, voire plusieurs années.

La carte fait état de zones importantes où l’offre en bassin est faible, voire inexistante notamment dans les quartiers du Faubourg Saint-Antoine, de Ménilmontant, les Batignolles, et dans quasiment tout le 7ème et le 8ème arrondissement.

Il semble hélas que ces considérations sur l’accessibilité en temps ne fasse pas vraiment partie des critères qui ont guidé par le passé les choix d’implantation des nouvelles piscines. En effet, les piscines qui doivent ouvrir à Paris dans les mois qui viennent – l’Arche sur le quai Javel, la piscine rue Belliard dans le 18ème à la Porte de Saint-Ouen – le sont dans des zones ayant déjà des bassins à proximité. Concernant la future piscine flottante l’Arche, la carte montre bien un déficit de piscine aux alentours, néanmoins le bénéfice aurait été plus grand de faire le choix d’amarrer cette piscine au centre de Paris, comme l’était autrefois la piscine Deligny sur la Seine et qui a été pendant près d’un siècle un lieu de plein air très prisé par les parisiens.

Afin d’améliorer le maillage des piscines à Paris, on peut espérer que les zones éloignées des piscines puissent être retenues pour de futures constructions de piscines, que cette répartition « à 15 minutes » fasse partie des critères pour les choix des futures piscines et puisse guider les services municipaux à établir les zones prioritaires pour construire de nouveaux établissements.

Cette carte n’intègre que les piscines municipales. Je n’y ai pas mis les bassins-écoles, mais de la même manière pour les écoliers, le trajet depuis les écoles vers une piscine est très inégal suivant les quartiers !

Pas de pass = pas de chlore !

Grand soleil, et près de 30°C cet après-midi, une température de saison, et une volonté toute naturelle d’aller se rafraîchir à la piscine municipale !

Sachez qu’à partir de ce jour, un pass sanitaire sera désormais exigé pour accéder aux piscines, comme l’a annoncé le président Macron lors de son allocution télévisée du 12 juillet.

Concrètement à l’entrée de l’établissement il faudra présenter son QR-Code valide, pour tout usager adulte, ainsi qu’un justificatif d’identité pour éviter les fraudes. Attention, cette mesure concerne à la fois les piscines couvertes, et les piscines découvertes.

Image d’illustration, crédit photo : nageurs.com

Les piscines, à moins que celles-ci n’aient une jauge à moins de 50 personnes, devront dès ce 21 juillet vérifier le pass sanitaire des usagers. Quoi qu’il en soit, dès début août cette jauge sera limitée, et la vérification systématique.

Les enfants mineurs de 12 à 17 ans ne seront concernés qu’à partir de fin septembre.

Les détenteurs de certificats médicaux de type ALD (conformes ou non) devront bien sûr eux aussi présenter un pass sanitaire valide comme tout le monde.

La piscine Suzanne Berlioux, dans le forum des Halles à Paris. Photo du 21 juillet 2021.

La bonne nouvelle, c’est qu’en contre partie il ne sera plus obligatoire de porter un masque à l’intérieur de la piscine, sauf si la piscine ou la préfecture en décide autrement. Le personnel en revanche devra garder un masque pour le moment.

Le personnel des piscines sera donc en première ligne pour faire ces vérifications, alors qu’une partie de la population est totalement opposée au principe du pass sanitaire. Cela promet une certaine agitation à l’accueil des piscines, alors sincèrement bon courage au personnel des piscines, et pour les usagers rappelons que l’on peut encore faire gratuitement des tests PCR un peu partout en attendant.