Quel protocole sanitaire pour les piscines pendant la pandémie de Covid-19 ?

Nous avons pu le constater, les piscines ont su très rapidement mettre en place un protocole sanitaire pour permettre d’accueillir des nageurs avec le maximum de précautions sanitaires. Plus ou moins contraignants, plus ou moins efficaces, essayons de revenir ici sur les mesures qui ont été prises, et celles qui pourraient l’être lors de la réouverture tant attendue de nos piscines.

L’inscription préalable

Une des mesures les plus contraignante de toutes : l’inscription préalable. Assortie d’une limite drastique de nageurs en simultané, et de créneaux stricts.

Cette mesure avait été généralisée au tout début du premier déconfinement, mais rapidement levée avec l’assouplissement des mesures sanitaires gouvernementales et autre, qui faisaient croire à l’époque que l’épidémie était déjà terminée.

Dans l’idéal il faut une plateforme de réservation ou une application mobile avec paiement intégré, mais une solution moins couteuse et plus rapide à mettre en place aurait été la prise de rendez-vous, en téléphonant à la piscine, pour être inscrit sur le cahier et un paiement sur place (pour tenir compte des abonnements, des tarifs réduits, etc).

Cette mesure va de pair avec l’abaissement drastique de la FMI : Fréquence Maximale Autorisée.

Vendredi 13 mars 2020, la piscine Jean-Taris dans le 5e arrondissement, limite la FMI à 100 personnes. Crédit photo : Nri / nageurs.com

On peut citer le Club des Nageurs de Paris (CNP) qui a mis en oeuvre un système de réservation préalable entre juillet et début septembre pour réguler la fréquentation dans leur bassin de 25m qui situé dans l’enceinte de la piscine Roger le Gall. Des créneaux de 90 minutes étaient réservables sur une application mobile, avec une limite de 20 personnes par créneau (soit 4 personnes par ligne d’eau). En outre ils ont eu la gentillesse de permettre des réservations (gratuitement en plus) par tous les nageurs inscrits à un club parisien. Ce système présentait aussi l’avantage d’afficher le nombre de places réservées permettant à chacun de s’inscrire en connaissance de l’affluence, avec la possibilité de libérer sa place jusqu’à 1h avant de venir.

Une amélioration de cette mesure pourrait être un échelonnement des arrivées, afin d’éviter les attroupements aux douches et aux vestiaires.

A l’opposé, une mesure mal comprise des usagers a été l’instauration dans certaines piscines d’une pause rallongée pour le ménage et la désinfection complète entre deux créneaux (entre les scolaires et le public par exemple), réduisant en conséquence fortement la durée des créneaux.

Enfin, même si cette solution n’a pas été envisagée jusque là, une prise de température avant l’entrée dans l’établissement pourrait très bien faire partie d’un protocole sanitaire futur.

La discrimination par public

L’état d’urgence sanitaire permet certes une discrimination en autorisant certaines personnes selon des critères d’âge ou autre comme c’est le cas actuellement, et interdire l’accès à d’autres. Seules les piscines et salles de sport ont ces règles, qui sur le long terme sont assez injustes.

Les mesures prises dans les vestiaires

En complément de la réservation obligatoire préalable, certaines piscines ont affecté un numéro de vestiaire et un numéro de casier individuel.

Certaines piscines, plutôt que de condamner un casier sur deux, ont condamné un bloc de casier sur deux. Moins de ménage à faire ! Et autant de nageurs dans un espace plus réduit pour se changer.

Crédit photo : Domino / nageurs.com

Certaines piscines ont fait le choix plus radical de condamner complètement les casiers. Chacun devant apporter ses affaires à côté du bassin. On imagine facilement que cette mesure est fortement dissuasive, mais le nageur motivé s’en accommodera.

Les marquages au sol

Les différents marquages au sol, permettent de rappeler à chacun à garder ses distances. Certaines piscines sont allé plus loin en installant des barrières pour séparer physiquement les sens de circulation.

La présence de ces marquages traduit une bonne volonté que l’on ne peut que saluer.

Crédit photo : Domino / nageurs.com

Le cas des douches

C’est l’un des lieux où la promiscuité est la plus forte. Pour des raisons d’hygiène, il semble délicat d’empêcher les nageurs d’y accéder avant d’aller nager, même si la majorité des nageurs en club n’en prennent jamais avant d’aller dans le bassin.

Beaucoup de piscines ont mis un marquage pour condamner une douche sur deux. D’autres ont mal implémenté le protocole en condamnant à la place un bloc de douche sur deux (citons la piscine Jacqueline Auriol par exemple).

Certaines piscines stoppaient les douches 30 minutes avant l’évacuation du bassin, cela permettait aux nageurs voulant prendre leur douche de sortir plus tôt donc de mieux lisser dans le temps les départs, et d’éviter un attroupement à la fin.

En tant que nageur, on remarque souvent que le passage à la douche est bref avant d’aller nager, mais s’éternise après sa séance. L’occasion de bavarder voire faire ses étirements. Il aurait été tout à fait possible d’interdire purement et simplement les douches en sortant.

Quelles mesures peuvent être prise dans les lignes d’eau ?

Des consignes particulières peuvent être demandées aux usagers, comme l’interdiction de stationner à deux personnes ou plus en bout de ligne d’eau.

Une des pires mesures qui a été heureusement adoptée par une poignée de piscines seulement (par exemple à Nogent sur Marne), a été l’instauration d’un « sens de nage » dans les lignes d’eau, avec obligation de changer de ligne à chaque virage. Il faut avoir bien du dédain voire du mépris pour les nageurs pour décider ce genre de chose !

Au contraire une mesure simple constatée par exemple à la piscine de Puteaux a été l’affichage d’un nombre maximum de nageurs par ligne. Cela permet tout d’abord à chacun de se répartir au mieux dans les lignes.

On a pu constater aussi parfois l’interdiction de tout sac et serviette au bord du bassin. Mais parfois aussi tout matériel de natation, y compris le matériel type petites palmes, pull-buoy, et même de bouteille d’eau !

Une mesure que l’on aurait aimé notamment à Paris, afin encore de permettre d’espacer au maximum les usagers, c’est d’évacuer plus tardivement les nageurs du bassin. Plutôt que 30 minutes avant la fermeture, il serait préférable de réduire à 15 minutes largement suffisant, voire 5 minutes.

Aérer régulièrement semble être une bonne mesure à généraliser.

La zone de déchaussage

Ces zones sont généralement assez réduites en surface. Les bancs pour mettre et retirer ses chaussures ont parfois une place sur deux de condamnée par un autocollant, quand ce n’est pas le banc complet qui est retiré.

La plupart des piscines ont débranché leur sèche-cheveux. La volonté étant d’éviter les attroupements.

Se sécher les cheveux longuement avant de sortir de la piscine ? Pas possible en période de Covid-19 ! Crédit photo : Snoop77 / nageurs.com

La mesure qu’on aurait aimé voir mais qu’aucune piscine n’a mis en place

Cette période difficile est propice aux remises en causes et changements en profondeur !

On aimerait militer pour des horaires élargis, plus tôt le matin, plus tard le soir. De 6h à 23h tous les jours ! Une mesure à pérenniser, avec sans doute un coût horaire moindre qu’un équivalent en construction de piscine supplémentaire, pour démocratiser davantage pratique sportive alors que l’on va accueillir les JO 2024.

Une répartition à revoir éventuellement entre le public, les scolaires, et les clubs. En gardant certes une priorité aux scolaires pour l’apprentissage élémentaire de la natation, en s’appuyant davantage sur les bassins-école de proximité pour les petites classes, afin de permettre l’accès à la piscine à plus de classes.

On pourrait aussi souhaiter une meilleure répartition des créneaux entre associations sportives, en privilégiant celles qui mettent le mieux en oeuvre leur projet sportif pour le plus grand nombre.

Rétrospective sur la fermeture des piscines liée à l’épidémie de Covid-19

On pourra retenir que du point de vue de la natation, 2020 a été une année qui ne ressemble à aucune autre ! Dernière mise à jour 17/01/2021.

Le premier confinement : 98 jours de fermeture

Le jeudi 12 mars, le Président de la République Emmanuel Macron annonce la fermeture des écoles jusqu’aux vacances scolaires (prévues du 4 au 20 avril à Paris). Le lendemain les clubs de natation commencent à prendre des mesures pour suspendre leurs activités, et le 14 mars toutes les piscines ferment leurs portes.

Lundi 16 mars, Macron annonce pour le lendemain un confinement qui devra durer « 15 jours au moins ». Le 27 mars, c’est le Premier Ministre Edouard Philippe qui annonce un prolongement du confinement pour 2 semaines supplémentaires.

Le 2 avril, la FFN à qui on peut reprocher un manque de communication sur le début de l’épidémie, annonce la suspension de toutes les compétitions de natation jusqu’au 30 juin.

Le 13 avril, le Macron prend à nouveau la parole et annonce la poursuite d’un confinement strict jusqu’au 11 mai. Ce sera heureusement la dernière prolongation.

Mais après ces 55 jours de confinement strict, des restrictions vont perdurer. Le 2 juin les piscines situées en « zone verte » ont pu ouvrir à nouveau leurs portes, avec une réservation obligatoire d’un créneau horaire.

Crédit photo : Snoop77 / nageurs.com, Piscine du Val d’Europe.

A Paris, nous sommes passés en zone verte le 15 juin, mais avons du attendre le 22 juin pour une réouverture des piscines. Pour restreindre la fréquentation certaines piscines ont appliqué la réservation, mais cela n’était pas généralisé et à partir de cette date il a été possible de retourner nager. Certaines règles sanitaires ont été mise en place dans les piscines.

Signe de la longue attente, il y a eu une vraie ruée vers les piscines, encouragé aussi par les belles journées d’été.

Partout dans le monde, les piscines mettent en oeuvre un protocole sanitaire. Ci-dessus à Montréal en aout 2020. Crédit photo : Saigonnais / nageurs.com

Le deuxième confinement : 91 jours de fermeture pour Paris (au moins)

Les grandes métropoles passent les unes après les autres en état d’alerte maximale. Ce qui a pour conséquence que les piscines couvertes ne peuvent plus y accueillir de public.

C’est le cas dès le cas dès le 23 septembre à Aix-Marseille, le 25 septembre à Lille, le 6 octobre à Paris, le 10 octobre à Lyon, Grenoble et Saint-Étienne, et le 13 octobre à Toulouse.

Il était cependant possible à ce moment là de continuer à nager dans les piscines découvertes.

Le 14 octobre, le Président Macron annonce l’état d’urgence sanitaire sur tout le territoire. Le 22 octobre, le nouveau Premier Ministre Jean Castex annonce au couvre feu de 21h à 6h sur l’ensemble du territoire avec prise d’effet le 23 octobre au soir.

Les piscines ajustent alors leurs horaires de fermeture pour que chacun puisse regagner son domicile avant le couvre feu.

Mais le mercredi 28 octobre, le Président de la République décrète un nouveau confinement de 4 semaines démarrant dès le vendredi le 30 octobre au soir.

Contrairement au premier confinement, certaines piscines ont pu avoir des dérogations pour ouvrir leurs portes aux détenteurs de certificats médicaux attestant une ALD (Affection Longue Durée), la natation scolaire, les sportifs de haut niveau.

Des allègements au confinement ont eu lieu dès le 28 novembre avec la possibilité de se déplacer dans la limite de 20km et 3 heures (contre 1km pendant 1 heure pendant le confinement).

Le 1er décembre, il est annoncé que les établissements classés PA, soit les établissements de plein air peuvent à nouveau ouvrir leurs portes au public. Or une piscine extérieure n’a pas forcément la classification administrative PA à partir du moment où celle-ci dispose de vestiaires, de douches, ou de bassins intérieurs. Seule une infime partie des piscine a donc pu rouvrir au public début décembre.

Le mardi 15 décembre, c’est la fin du second confinement, mais un couvre feu national est instauré le même jour sur tout le pays, de 20h à 6h. Les mineurs peuvent à nouveau nager dans un cadre périscolaire (en club par exemple).

En dehors des publics spécifiques qui continuer d’accéder aux piscines sous certaines modalités, le grand public et les clubs devront attendre au moins jusqu’au 20 janvier 2021.

Au cours des vacances de Noël, le variant britannique VUI-202012/01 qui est entre 50% et 70% plus contagieux que la souche d’origine SARS-CoV 2, se répand dans de très nombreux pays qui durcissent très fermement les mesures en place avec des re-confinements stricts. En parallèle, les premiers vaccins sont homologués et commencent à être administrées.

Le 1er janvier 2021, le gouvernement par la voix de son porte parole Gabriel Attal annonce que les cinémas et salles de spectacle qui devaient ré-ouvrir le 7 janvier ne pourront pas le faire, sans donner de nouveau calendrier. Il annonce également que dès le lendemain le couvre-feu sera renforcé dans 15 départements et s’étend à présent de 18h à 6h.

Le 4 janvier, le premier ministre anglais Boris Johnson annonce un reconfinement total de toute l’Angleterre avec fermeture des écoles. Le lendemain on a appris que ce confinement devrait durer jusqu’au mois de mars.

Le 7 janvier, Jean Castex annonce qu’il n’y aura pas d’assouplissement avant le mois de février pour tous les secteurs ayant actuellement des restrictions. Le couvre feu est maintenu sera étendu à partir du 10 janvier à 10 autres départements de l’Est de la France.

Contre toute attente, quelques piscines avec un bassin extérieur mais non classées équipement de plein air réouvrent leurs portes à tous. C’est le cas de la piscine d’Orsay le 6 janvier (toutes les affaires doivent être apportées dans un sac au bord du bassin), de la piscine de Puteaux le 12 janvier (on peut laisser ses affaires au vestiaire, et y prendre une douche), et de la piscine de Melun depuis le 13 janvier.

Le 14 janvier, le gouvernement annonce un couvre-feux national dès 18h sur tout le territoire de métropole dès samedi 16 janvier, pour un minimum de 15 jours. Il est également annoncé ce même jour, l’interdiction à partir du 18 janvier des activités sportives scolaires et périscolaires en intérieur.

Est-il possible de nager dans une piscine hors-sol ?

Une piscine hors sol est une alternative sérieuse à la piscine en dur classique. Ce type de piscine a l’avantage de pouvoir être facilement installée puis démontée, parfois en quelques heures ou quelques jours seulement. Il s’agit également d’une solution plus économique. C’est ainsi que des particuliers ou des collectivités peuvent installer ce type de bassin pendant l’été puis les démonter afin de libérer l’espace le reste de l’année. Il est même possible d’installer ce type de bassin pour quelques heures seulement, comme cela a été le cas par exemple pour la journée de l’olympisme sur la place de la Concorde le 23 juin dernier.

Cet été, la ville de Paris a mis à disposition plusieurs de ces bassins afin de proposer gratuitement des lieux de détente et de rafraîchissement aux parisiens, en complément des piscines municipales.

Peut-on vraiment nager dans ce type de bassin ? Quelle différence par rapport à nager dans un bassin classique ?

Je suis allé pour cela dans le bassin de baignade installé dans le stade Léo Lagrange situé à côté de la porte de Charenton, afin de mieux me rendre compte de l’expérience aquatique que peut procurer ce type de bassin.

La structure est surprenante car les parois sont très fines, le système pour retenir cette grande quantité d’eau semble assez ingénieux. La matière des parois est très agréable au toucher car douce et lisse. Comme dans une piscine classique l’eau y est chauffée, filtrée et contrôlée tout au long de la journée, une zone pour les machines est ainsi installée derrière la piscine.

Ce type de bassin a généralement une taille plus petite que les piscines municipales, la mairie a choisi un bassin aux dimensions de 15 mètres de long pour 10m de large. Comme on peut le voir sur la photo, il y a beaucoup de tuyaux apparents pour le filtrage et chauffer l’eau, il existe aussi des modèles de piscine hors sol en bois plus esthétiques.

Les parois sont plutôt souples et élastiques. Celles ci absorbent une partie de l’énergie lors des poussées des culbutes. Généralement un nageur réalise une poussée moyenne à chaque virage de 5 mètres, il lui reste donc à chaque longueur une bonne dizaine de mètres pour réellement nager.

Ce type de bassin est donc plutôt pour une utilisation loisir. On peut donc y nager à une allure modérée, s’y amuser et s’y détendre. Mais les dimensions, la faible profondeur, et l’élasticité des bords ne seront pas adaptés pour un nageur athlète souhaitant réaliser un entraînement complet à haute intensité en vue de préparer des compétitions.

Ces bassins hors sol rivalisent avec les bassins en dur, et il en existe une gamme très large. On trouve même des bassins hors sol olympiques de 50m de long, 25m de large et 3m de profondeur ! L’une de ces piscines existe à Montréal sur l’île Notre-Dame, et est utilisée par des nageurs de haut niveau pour des compétitions. On espère avoir la même un jour à Paris !

Un parcours nocturne à la nage lors du prochain défi de Monte Cristo

La mythique course du Monte Cristo inaugure un parcours nocturne.

A l’occasion de sa 21e édition, le plus grand rassemblement européen de natation en eau libre inaugure une course nocturne inédite.

Les participants auront l’opportunité unique de réaliser le parcours de 5KM de nuit, au départ du chateau d’if, pour rejoindre à la nage le village du défi qui sera cette année sur la plage du Petit Roucas Blanc.


Pour assurer la sécurité des nageurs, chaque participant aura une dispositif lumineux, sous forme de stick ou intégré à une bouée. Les kayaks de sécurité seront équipés également de lumières. Comme le héro du livre d’Alexandre Dumas qui s’évada la nuit, les nageurs pourront également compter sur les lumières de la ville.

Le Défi de Monte Cristo By Night – Race for Pure Ocean qui aura lieu le 21 juin à partir de 21h, a également pour objectif de sensibiliser et s’engager en faveur de la préservation des océans. Ainsi l’intégralité du montant des inscriptions de cette course sera reversé à la fondation Pure Ocean.

L’ouverture des inscriptions se fera vendredi 10 mai à à 18h00.

A lire aussi notre récit de course du Monte Cristo 2018.

3 choses que vous ne savez pas sur les caméras Poséidon de votre piscine

De nombreuses piscines sont aujourd’hui équipées du système Poséidon. Il s’agit d’un système qui se compose de caméras intégrées aux parois des bassins, dont les images sont ensuite traitées par ordinateur et qui surveille de manière automatisée les nageurs. Poséidon est ainsi capable de prévenir des noyades en alertant les maître-nageurs dès lors qu’une personne se trouve immergée sans bouger depuis un certain laps de temps.

Mais les concepteurs de ce dispositif ont réfléchi à d’autres cas d’utilisation que pourrait avoir Poséidon, car leur technologie permet d’offrir aux piscines de nouveaux services. C’est ainsi que le système a été mis à jour et propose désormais de nouvelles fonctionnalités.

En premier lieu, une mise à jour du dispositif permet une capture d’images thermiques. Concrètement plutôt que de reproduire les couleurs de la réalité, la caméra mesure la température et colorise l’image selon la température. Ainsi l’image est bleue pour une température modérée (ici l’eau), et varie de l’orange au rouge sur les nageurs selon les zones corporelles. Mais là où les choses deviennent intéressantes, c’est que les ingénieurs ont eu aussi l’idée de mettre à jour le logiciel de traitement d’image pour analyser ces températures. Le traitement automatisé de l’image permet désormais de détecter les personnes urinant dans l’eau ! Celle-ci laissant une traînée de couleur rouge à l’écran…

Exemple d’image capturée par les nouvelles caméras thermiques de Poséidon.

Le mystère du produit chimique déversé dans l’eau pour colorer le pipi en rouge est désormais résolut, bien des années plus tard, par la technologie !

D’autres cas sont à l’étude, comme compter les longueurs de chaque nageur permettant à chacun d’avoir un rapport individualisé en sortant de l’eau sur sa distance et un récapitulatif de leur séance avec le type de nage, la durée et la vitesse dans chaque nage, et même des conseils d’amélioration technique, grâce à l’analyse très précise des mouvements par les caméras !

Enfin, l’enregistrement en continu des images sous-marines permet de produire en cas d’accident ou de dispute des images permettant de définir les responsabilités de chacun.

On attend avec impatience le déploiement de ces nouveautés dans les piscines équipées !

N’hésitez pas à indiquer en commentaires d’autres idées de fonctionnalités pour la prochaine version de Poséidon !

Insolite : un homme nage 2882km pour faire le tour de l’Angleterre

Durant l’été 2018, le britanique Ross Edgley a nagé pendant 157 jours pour faire le tour de son pays à la nage… Un exploi unique de cet athlète hors-norme qui signe pas moins de 4 records du monde lors de son périple.

On peut lire le récit de sa course sur le site de son sponsor Redbull : ici.

MARGATE, ENGLAND – NOVEMBER 04: Ross Edgley of England celebrates finishing his ‘Great British Swim’, an historic 2,000 mile swim around Great Britain on November 4, 2018 in Margate, England. (Photo by Luke Walker/Getty Images for Red Bull)

Loin d’en être à son coup d’essai, Ross Edgley avait en début d’année nagé 102km entre la Martinique et Sainte-Lucie en tractant un tronc d’arbre de 45kg.

Il a également réalisé d’autres défis physiques insolites, comme grimper à la corde 8848m (l’équivalent du sommet du Mont Everest), couru un marathon en tractant une voiture. 

Soupe d’algues et kilomètres supplémentaires, les épreuves de natation du Castle Swim Series ne sont pas encore complètement au point

Pour sa neuvième édition, le triathlon de Chantilly s’est diversifié et a proposé des épreuves de nage en eau libre ainsi que de running. L’ensemble des épreuves est répartie sur le week-end. Les épreuves d’eau libre ayant eu lieu le samedi matin, avec trois vagues de départ : 5KM, 2.5KM et 1 mile.

Nous étions une quarantaine à participer au 5KM, mais seulement une dizaine en maillot. Le parcours a été donné en ligne dans l’eau, et consistait en 3 tours du bassin. L’eau avait une couleur assez peu engageante, marron avec beaucoup de particules, mélangée avec des morceaux d’algues. Heureusement dès le premier virage l’eau était plus claire, mais aussi curieusement bien plus fraîche.

Les algues étaient omniprésentes lors de la course, ralentissant parfois la progression, mais surtout il y avait un endroit où ils étaient si denses que je me suis retrouvé à me débattre pendant une dizaine de secondes, complètement prisonnier, sans pouvoir avancer, par des algues arrivant au raz de l’eau. C’est normalement ce type d’obstacle qui aurait dû être signalé par une bouée, ou lors du briefing.

A la fin du premier tour, je commençais à comprendre que l’organisation avait mal mesuré le tracé et que les trois tours dépasseraient 5KM. C’est embêtant car pendant tout le second tour je me suis demandé si les organisateurs allaient s’en rendre compte et nous sortir à la fin du second tour. Finalement c’est bien trois tours qu’il a fallu faire, avec au final un chrono de 1 heure 50 qui me laisse croire que nous avons plutôt nagés 6500 mètres que 5000.

Un chrono qui ne servira donc à rien puisque la distance est erronée, même si je suis néanmoins content d’avoir participé à cette course et d’avoir pu monter sur le podium.

A noter également, peu de temps après la course et pendant plusieurs jours ensuite, j’ai eu pas mal de démangeaisons sur la peau, à cause de piqures de puce d’eau.

Pour résumer il y avait pas mal de points qui mériteraient d’être améliorés pour les prochaines éditions :

  • La distance du parcours aurait dû être respectée
  • Pas de consigne pour les affaires
  • Pas de douches
  • Les bouées à contourner auraient dû être dans une couleur qui se détache davantage, jaune ou orange, mais pas noires.
  • Arrachage d’algues ou positionnement des bouées pour un passage là où les algues sont moins denses
  • Trois courses simultanées avec des bouées différentes à contourner selon les couleurs de bonnet
  • Des chronos étranges à l’arrivée, il aurait été sympa par exemple de passer sous l’arche à chaque tour pour avoir les temps intermédiaires par tour et ainsi s’assurer que tout le monde a bien fait le parcours complet

Un bon point néanmoins, l’organisation très précise des horaires de course de chacun a été respecté, il n’y a donc eu ni surprise ni attente, vu le nombre de participants et de courses différentes, cela a le mérite d’être salué. De plus le podium a été fait assez peu de temps après la course.

On peut se réjouir de cette diversification qui contribue à mettre en lumière la discipline d’eau libre, et en fasse la promotion auprès des triathlètes, et on peut espérer que d’autres organisateurs de triathlon proposent à l’avenir également des courses de natation. Il est dommage cependant que ce développement ne se fasse pas en concertation avec la Fédération Française de Natation, afin d’uniformiser les distances, les règlements, et les conditions d’accès par une double labellisation FFN/FFTri pour les courses d’eau libre.

La baignade, la piscine naturelle du bassin de la Villette

La baignade est l’une des installations municipales dans le cadre de Paris Plage 2018. Pas moins de quatre bassins en plein air sont ainsi mis à disposition des usagers.

Une baignade temporaire ouverte tout l’été

La Baignade a été ouverte le mercredi 20 juin, et restera ouverte jusqu’au dimanche 9 septembre 2018. Elle est ouverte tous les jours de 11h à 21h, et entièrement gratuite.

Concernant les installations, il y a des cabines, des toilettes, des douches avec du savon, une terrasse avec des chaises longues à disposition, et quatre bassins :

  • deux bassins pour les enfants les plus jeunes, avec une profondeur de 40cm
  • un bassin de profondeur 1,20cm
  • un bassin avec 2m de profondeur

Des dales rigides sont disposées au fond de chaque bassin, les paroies percées sur les côtés des bassins permettent à l’eau de s’écouler tout en empêchant les algues, les poissons ou encore les objets de pouvoir traverser et de se retrouver dans le bassin. Un large plancher en bois a été amménagé autour des bassins pour permettre la circulation. Des maîtres-nageurs surveillent en permanence la zone de baignade.

Astuce: Je vous recommande d’apporter des tongs ou claquettes pour deux raisons : il n’y a pas de revêtement spécifique sur le sol entre le bassin et les vestiaires : les quais de la Loire contre lesquels sont installés les bassins sont recouverts d’un mélange de sable et poussière pas très agréable à marcher dessus. Et par ailleurs en cas de fort soleil le sol en bois autour des bassins est extrèmement chaud !

Le système de casier a évolué depuis le début de l’été, à cause de très nombreux vols. D’abord en libre service avec une pièce de 1€ pour choisir son casier, il faut désormais passer à l’accueil pour récupérer une clé de casier en échange d’un document d’identité.

D’ailleurs les vols sont un vrai fléau dans cette piscine d’après le personnel à l’entrée des bassins qui recommandant de laisser l’intégralité de ses affaires dans les casiers, et de bien garder la clé avec soi.

La qualité de l’eau, au centre de l’attention

Contrairement aux piscines traditionnelles, l’eau est celle du canal, lui même alimenté par l’eau de la Marne. Celle-ci n’est donc pas chlorée, ni chauffée, et pas non plus traitée !

Que les candidats à la baignade se rassurent, entre 2 et 4 test quotidiens sont réalisés pour s’assurer de la qualité de l’eau de baignade. Le principe de précaution s’applique, en cas de présence de bactéries (ce qui peut arriver après de fortes pluies), de problème de pH, ou autre, le bassin sera fermé le temps que de nouvelles analyses attestent à nouveau d’une qualité de l’eau satisfaisante et sans risque pour les baigneurs.

Une forte demande des usagers

C’est pas moins de 60,000 personnes qui ont profité des installations l’an dernier, cette année le bassin ouvre un mois plus tôt pour permettre à davantage d’usagers d’en profiter. Les conditions météo de ces derniers mois ont aussi permis d’avoir une eau plus chaude que d’habitude à ce moment de l’année.

Ce dispositif s’inscrit dans le plan « Nager à Paris », et représente une étape également qui illustre la volonté forte à la mairie de Paris d’améliorer la qualité de l’eau, en prévision des JO 2024 dont les épreuves d’eau libre doivent se dérouler dans la Seine.

Des compétitions de nage en eau libre ont d’ailleurs déjà lieu dans le bassin de la villette : l’Open Swim Stars (avec une distance olympique de 10KM), ou encore la Fluctuat en septembre.

Le succès de cette opération confirme l’intérêt de proposer des bassins de baignade, on espère la multiplication des initiatives de ce type. La mairie, malgré un report initialement prévu à 2019 souhaite toujours aménager une zone de baignade dans le lac Daumesnil dans le bois de Vincennes.

Mon avis sur cette expérience de baignade

J’ai donc testé le grand bassin. L’eau est un peu plus fraiche qu’en piscine,  mais la température extérieure et l’absence de vent à ce moment là rendent la baignade très agréable.

Les bassins n’ont pas de ligne d’eau, il n’y a donc pas vraiment de règle sur le sens de la nage, les zones où l’on peut plonger, les priorités, etc.

Lors de ma séance j’ai pu nager 3 kilomètres sont être gêné outre-mesure par les autres baigneurs. Comme on ne voit rien sous l’eau cela oblige à regarder comme en eau libre vers où on va.

En revanche ce manque de visibilité complique la réalisation du « flip-turn », le virage en bout de bassin car il n’y a pas de repère pour savoir à quel moment tourner. Pour ajouter encore de la difficulté, les paroies sont recouvertes de micro-algues, ce qui les rend glissantes. Cela oblige donc à redoubler d’attention pour éviter que le pied glisse et que les orteils se retrouvent dans l’un des trous du mur lors de la culbute.

Les sensations de nage sont très agréables, il y a le plaisir de nager dehors, mais aussi celui d’être dans une eau naturelle, peut-être même plus saine que l’eau de piscines surpeuplées dans lesquelles se mélangent résidus de crème, cheveux, etc.

Quelques jeunes s’amusaient à faire des plongeons, d’autres moins jeunes restaient en bout de ligne pour discuter, mais conjugué avec une affluence raisonnable chacun a pu profiter de sa baignade à sa façon.

C’est donc une très bonne expérience, alors que les piscines à Paris sont prises d’assault rendant compliqué de nager l’été dans de bonnes conditions. Relativement peu fréquenté en semaine, un MNS m’a indiqué que le WE il pouvait y avoir pas mal de monde, il qu’il vaut mieux venir tôt.

Bien qu’excentré dans le nord-est de la capitale ce bassin de nage offre une alternative, et pour ceux qui préfèrent l’eau chlorée chauffée à 28°C ce bassin de baignade aura le mérite de désengorger en partie les autres piscines parisiennes.

Nouveau record, le plus jeune français à traverser la manche à la nage !

Nous vous en parlions il y a quelques mois, Arthur Germain-Hidalgo a réussi à l’âge de 16 ans à traverser la Manche à la nage. Il aura traversé entre  Shampire Hoe à Douvres en Angleterre jusqu’à Wissant en 9h47.

Sa traversée a eu lieu le 23 juillet 2018, il a commencé à nager à 8h30 et est donc arrivé en fin d’après-midi. Alors que la distance de la traversée en ligne droite est de 34 kilomètres, Arthur a parcouru 51,3km à cause des forts courants.

Afin de lui donner une cadence de nage, il était accompagné de Rémy qui nageait avec lui une demi-heure toute les heures.

Arthur s’était entraîné spécialement pour ce défi depuis septembre 2017, et a participé aux championnats de France d’eau libre à Graveline sur 25km. C’est lors de cette course qu’une sonde mesurait sa température corporelle tout au long de l’épreuve. Au bout de 3 heures celle-ci était descendue à 33°C. Il a donc été conclu qu’il devrait prendre entre 15 et 20kg de poids pour faire la traversée, ou porter une combinaison. C’est donc cette deuxième option qu’il a choisi pour éviter l’hypothermie lors de sa traversée.

Arthur, qui nage au club Neptune, et qui est le fils de Mme Hidalgo la maire de Paris, a donc réussi son défi de devenir le plus jeune nageur français à traverser la Manche, et établi donc un nouveau record. Un grand bravo à lui !

Il fait désormais partie de la poignée de nageurs français (une trentaine au total) ayant réussi  cette traversée mythique.

(crédit photos: Arthur Germain-Hidalgo / Twitter @defimanche)

L’une des étapes les plus difficiles de la coupe de France d’eau libre : le tour du Roc à la nage

L’épreuve d’eau libre du Tour du Roc fait partie de la coupe de France d’eau libre, elle consiste à contourner à la nage le rocher de Granville pour un parcours de 5 kilomètres.

Le Tour du Roc est mon épreuve préférée d’eau libre, tout d’abord c’est une compétition qui rassemble un nombre réduit de passionnés : 116 nageuses et nageurs au départ cette année. Ensuite c’est une course qui offre des conditions particulièrement difficiles dans un cadre magnifique.

Cette 55e édition est ma troisième participation. J’avais participé en 2013, ainsi qu’en 2012 (cette année-là le parcours avait été modifié et réduit à 3km pour des raisons de sécurité).

Niveau météo, cette année les conditions étaient optimales : coefficients de marée de 46 donc faible, un temps superbe, et une eau annoncée à plus de 20°C. Pour que les premiers arrivent à marée haute, le départ a lieu environ une heure avant la pleine mer. En effet dans la baie du Mont Saint-Michel les amplitudes de marée sont très importantes.

Le départ comme tous les ans est donné depuis le port. C’est un départ plongé, en ligne. Il faut ensuite contourner Le Loup, contourner la pointe du Roc, puis rester à gauche de la balise « la Fourchie » qui indique les rochers. C’est ensuite une longue ligne droite qui longe toute la haute ville, le casino et la plage du Plat Gousset, jusqu’au bateau La Granvillaise qui a mouillé l’ancre au large pour l’occasion quasiment au niveau du musée Dior. Dès le bateau contournée, direction la plage en contournant le plongeoir sur lequel ont été placés des drapeaux rouges.

Côté difficultés, cette année il y avait une quantité importante de méduses pendant 1/3 du parcours, entre le port et La Fourchie et à nouveau vers la fin. Malgré mes zig-zag pour les éviter, je me suis fait deux belles piqures au cou.

Mais la principale difficulté a été le repérage, comme lors de ma précédente participation : j’ai suivi au hasard les nageurs devant moi sans faire un tracé optimal (sauf à partir du bateau). Ces moments de doute à chercher les repères et à nager à allure moyenne m’ont fait perdre de précieuses minutes. On voit d’ailleurs sur les photos à quel point le peloton de nageurs est dispersé.

Photo souvenir lors de mon passage devant la Granvillaise, à moins d’un kilomètre de l’arrivée.

Et la dernière ligne droite direction la plage ! On distingue à peine le plongeoir avec les drapeaux rouges, dans l’axe des premiers nageurs.

Je suis un peu déçu du chrono, je termine 41e, avec un temps de 1h22.38. J’aurai aimé finir la course en moins d’1h20, mais cela me donne une excellente raison de revenir. Il faudra absolument la prochaine fois que je fasse un repérage plus précis de la course afin d’optimiser le parcours.

Un autre point qui a peut être joué aussi, c’est le dernier repas pris seulement 2h heures avant la course, pour un départ à 13h30 j’aurai mieux fait de ne pas déjeuner du tout. C’est pendant le début de la course que je sentais un manque de force. Peut-être aussi que mon échauffement à sec était insuffisant ? Heureusement passé le premier kilomètre j’ai retrouvé de bonnes sensations de nage.

En bonus j’ai participé à la course grand-public de la coupe de Normandie le lendemain

Etant déjà remis des émotions de la veille, je me suis inscrit à cette épreuve d’un kilomètre. J’ai été surpris qu’il y avait seulement 45 personnes pour y participer, d’autant que les inscriptions étaient possibles jusqu’à la dernière minute (j’avais le dossard 40…). Le départ cette fois était donné depuis la plage du Plat Gousset, il suffisait de contourner une bouée devant, puis une seconde au large avant de revenir en contournant le plongeoir.

Comparé à la veille, l’allure de la course était beaucoup plus rapide, c’était quasiment un sprint, toujours avec le soleil, et cette fois-ci sans les méduses ! Pour ma revanche de la veille je suis arrivé 7e en 9’46,86.

Dans l’ensemble malgré mon chrono je suis très content, la ville et le parcours de cette course sont superbes. Il y avait une très bonne organisation pour cette édition. J’espère que la tradition de cette course se perpétuera, je reviendrai avec plaisir participer à cette compétition lors d’une prochaine édition.

(Crédit photo n° 1, 2, 5, 6 et 7 Isab.photographe)