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jeudi 24 mai 2012
posté par jeeps à 09:47

longueur en apnée sous l'eau

vu 10868 fois, followers=27
Bonjour, pour la première fois un MNS, suite à une longueur de 25M en apnée à la piscine d’Armand Massard m'a attendu et m'a dit qu'il était formellement interdit ce que je venais de faire..... Alors que j'ai chercher dans le règlement intérieur des piscines de Paris, c'est marquer nulle part....
Pourquoi? Si quelqu'un à des infos utiles et solides car j'adore faire ma petite longueur en apnée et pas envie de m'abonner a des cours de plongée...lol

55 commentaires

  


Il me semble avoir déjà vu des panneaux "apnée interdite" dans les piscines municipales. Pour raison de sécurité, j'imagine, si une personne se retrouve en difficulté à mi-longueur et les MNS ne remarquent pas...

Je me suis déjà fait doubler "par en-dessous", c'étiat plutôt rigolo !
  

Je ne suis jamais allé voir les règlements, mais il est couru de voir des affiches indiquant que l'apnée est interdite.

c'est essentiellement pour des raisons de sécurités, car difficile de surveiller une personne au fond de l'eau.

En général, ils sont plutôt compréhensif lorsqu'on les avertit, mais OK c'est un peu casse pied.
  

OK, merci à vous pour ces quelques infos, la prochaine fois je les avertirai, c'est dommage car ça aide pour la nage libre (crawl ou papillon) pour améliorer l'ondulation du bas du corps et sa propulsion dans l'eau...
  

Oui les apnées c'est interdit, ( mais je crois pas qu'il y ait une durée et une distance de mentionné,ça reste je pense à l 'appréciation des chargés de surveillance des bassins ) encore plus les apnées statiques surtout quand y a le fameux système "anti-noyade" ou de "détection de noyade"
qui SONNE quand il détecte un corps immobile sous l'eau
...

Mais bon si les MNS te connaissent un tant sois peu ne serait ce que de vu, ils te laisseront en faire un peu de temps en temps s'ils sentent qu'il n'y a pas de risques(ou gênes) pour toi et les autres nageurs...

pour améliorer la nage, sous marine, tu peux faire des 12,5m ou 15m sous l'eau à chaque départ ou virage, et normalement, on ne devrait pas te l'interdire sur ce type de distance
bien sur faut les faire en mode "coulée", en avançant un minimum donc, faut pas que ça dure 3mn sinon c'est plus une coulée mais limite de l'apnée statique
...

tu peux aussi faire de l'apnée en surface
, des longueurs en crawl ou pap sans inspiration, dans ce cas tu ne seras jamais rappelé à l ordre... etc...

et pourquoi pas un club de plongée ou d'apnée? si tu aimes ça... que tu es bon et/ou que tu ais juste envie de pratiquer et/ou progresser?
  

C'est interdit, et il y a des panneaux, apnées statiques ou dynamiques...

A Dunois, une dame assez jeune avait l'habitude de faire des apnées dynamiques en largeur du bassin.Un jour elle a eu un problème...repêchage, réanimation, pompiers, hopital...

C'est trop dangereux...Cette dame avait eu de la chance de s'en sortir, mais d'autres n'ont pas eu la même.

L'apnée ne se fait qu'en clubs.Dans les cours collectifs de natation, en club, il y a toujours des exercices d'apnée.

Tu peux aussi faire des apnées mais en surface(C'est à dire des exercices de respiration).
  

Dans quasi toutes les piscines l'apnée est interdite .
Mais en règle générale, les MNS voient à peu près comment vous nager et ne vous prennent pas trop la tête en fonction ET si vous n'abusez pas , c'est l'exception qui confirme la règle ...
  

Comme le dit papillonista, l'apnée ne se pratique qu'en club ET en binome (même en club).

L'apnée n'est pas un sport anodin, il faut savoir le pratiquer. En effet un apnéiste peut faire des syncopes à la sortie de l'eau ou dans l'eau, ce qui est très difficile à repérer pour les MNS

Dans toutes les piscines de Paris, l'apnée est interdite je crois...
  

Tu peux aussi ruser: il y a des piscines en banlieue où tu peux y aller avec masque et tuba et pratiquer le crawl.
Pareil tu peux aussi sur 25 M faire du crawl respiration 8 temps. Si tu nages pas trop mal, ça te permet de ne respirer qu'une seule fois dans la longeur (hormis aux virages bien sur...
  

T'es tombé sur un MNS un peu zélé voilà tout.

Des longueurs en apnée j'en fais une ou deux (ou trois) quasiment à chaque séance (en bassin de 25, je ne suis pas l'homme de l'Atlantide) et jamais personne ne m'a rien dit.
Je fais des aller retours en largeur aussi quand c'est blindé et qu'il y a assez de fond.

Je sais que c'est interdit par le règlement mais 25m est-ce vraiment de l'apnée ? Je suis conscient que ça peut être dangereux et je ne vais jamais jusqu'au moment où on manque vraiment d'air (en 33m j'ai fait et c'est limite ... je fais plus)

J'ai du mal à penser que rester sans respirer pendant moins d'une minute quand on nage régulièrement puisse être dangereux.
Et en cas de pépin les autres nageurs réagiraient évidemment.
Promis j'en fais pas si je suis seul dans ma ligne, mais il y a un moment que ça ne m'est plus arrivé (ça rouvre quand Hermant ?)
Parfois (pas souvent) j'ai vu des nageurs qui préviennent les MNS avant de le faire d'un signe de la main, mais faut être un habitué sinon ils pigent pas.

Le règlement des municipales dit qu'il faut demander une autorisation pour le faire mais qu'elle ne peut être accordée qu'à quelqu'un qui justifie de suivre une formation où c'est spécifiquement demandé. Autant dire pas grand monde.

La lettre ou l'esprit de la loi ... voilà la question.


  

Perso, je fais comme klabur, c'est à dire une longueur (25m) sous l'eau, à la fin de chaque séance, et on ne m'a jamais rien dit.
Concernant l'interdiction, il s'agit la plupart du temps des apnées statiques et non dynamiques.
  

Non, non, l'interdiction concerne les 2 sortes d'apnée, et je ne vous conseille pas d'en faire...
  

oui papillonista à raison, les 2 sortes d 'apnées sont interdites en piscine , comme le dit Bambou la syncope peu arriver très vite avant la min ou les 25m, quasi impossible à détecter par l 'apnéiste chevronné lui même... et bien sur avant qu'une autre personne ne s'en rende compte il sera souvent trop tard, à moins qu'une personne soit dédié à l'unique surveillance de l'apnéiste, voila pourquoi cela se pratique en binôme...
Pensez au enfants ou débutants qui peuvent vous lire
...
il est de coutume de dire :
NE REPRODUISEZ PAS CELA SEUL CHEZ VOUS etc....
  

Bon bon , je prends note.
  

le cauchemar des mns c'est quelqu'un qui fait de l'apnée le long d'une ligne sombre dans le fond, et si en plus c'est quelqu'un qui a la peau foncée avec un maillot et un bonnêt foncé, là les MNS sont morts...Ils ne peuvent pas distinguer...

dans le temps, à la piscine Roger Le Gall, il y a eu un problème comme ça (Il y a trés longtemps):

Un Mr africain qui faisait de l"apnée près du mur s'est retrouvé coincé sous le mur (Ou par le mur)(le mur qu'on relève et baisse )près d'une ligne sombre, et ça c'est trés mal passé, je ne connais pas les détails, il s'agit de quelque chose qu'on m'a raconté plusieurs fois et qui est devenu comme une légende urbaine..;

C'était un MNS que je connaissais qui était en surveillance, il faisait un remplacement, et c'était son premier jour à LE GALL...Assez dur pour lui...
  

oui l'apnée toujours a pratiquer au minimum en duo de sécurité même pour 25m, seul ca pardonne pas. Le principal souci étant la syncope si qq'un vous aide a mettre la tète hors de l'eau tout se passe bien sinon......! c'est pour cela qu'il est interdit d'en faire en piscine pendant les horaires publiques. Moi même je trouvais ca idiot avant de m'inscrire dans un club. Et c'est la même chose en mer hein! jamais seul même pour qq mètres.


ps: 3r1c l'a déjà dit, mais en lisant 2 fois c'est encore mieux.
  

Voila l'avis d'un connaisseur...
  

En fait ce qui est dangereux dans l'apnée c'est de faire l'hyperventilation qui permet de repousser les limites du besoin de respirer au risque justement de faire une syncope. Je conseille le livre de Umberto Pelizzari sur l'apnée qui explique tout cela fort bien.
  

avatar de faucon
Faucon
> 4 ans
videoplay
  

Qque chose m'échappe.
25 m vous appelez ça de l'apnée ????

Quand je nage en bassin de 25 ou de 33 m, je fais systématiquement une ou deux longueurs sans respirer du tout.

Je n'ai pourtant jamais l'impression de "forcer" en bassin de 25 m (jamais jamais jamais aucune sensation de gêne ou de désagrément). En bassin de 33 m, je suis en général un peu gêné sur les 2 ou 3 derniers coups de bras.

Alors je veux bien admettre que "gêne" sur le 33 m = danger.

Mais question à Samsam ou Papillonista : faire 25 m sans respirer est ce réellement dangereux si l'on ne ressent jamais aucune gêne ? Ca m'ennuierait vraiment, j'adore faire des 25 m en ondulations sous l'eau & j'aime pas prendre des risques graves inutilement. Si la réponse à la question est oui, à partir de quelle distance parle-t-on d'apnée puisqu'il n'y a pas de sensation de gêne ?

Deuxième question. En club je trouve ça réellement pénible d'enquiller les longueurs en hypoxie en crawl 7 temps. Le 7 T avec sensation de gêne, c'est dangereux ou pas ? (Quand je parle de "gêne", en fait il s'agit bcp plus que ça, j'ai réellement l'impression qu'un truc va éclater, j'essaie de garder mon calme en levant de temps en temps furtivement les yeux pour voir à quelle distance est le bout du bassin pr me donner du courage).

Je précise que bien qu'ancien fumeur (pas touché une clope depuis des années), j'ai une CV de 5,1 litre (un tout petit peu mieux que la moyenne) et un rapport VEMS/VEM6 de 0,85 (itou). A priori donc capacité pulmonaire de Monsieur Tout-le-monde. Je nage habituellement le crawl en 3 T à l'entraînement, en 2 T à partir de 100 m dès que je veux aller vite, vraiment tout ce qu'il y a de plus banal, ah oui aussi j'oubliais : je ne pratique jamais l'hyperventilation, simplement pr faire mes longueurs sans respirer je bats quasiment pas des jambes, je suis très relax, j'essaie d'être très bien profilé, de ne faire aucun mvt parasite etc., rien que du classique quoi.

Thor

P.S. Pour ceux qui ont jamais passé d'examen simple de spirométrie :
CV = capacité vitale, volume d'air mobilisé entre une inspiration forcée et une expiration forcée
VEMS/VEM6 = rapport entre Volume Expiratoire Maximal au bout d’1 seconde d’expiration et Volume Expiratoire au bout de 6 secondes d’expiration.
  

Je suis tout à fait d'accord avec Papillonista, avec Bambou et avec Samsam, et d'autres que j'oublierais, il est très important de le dire et de le redire : l'apnée présente toujours un risque de syncope quelque soit la profondeur où elle est pratiquée et quelque soit le niveau technique de l'apnéiste.
  

avatar de jeantranscene
jeantranscene
> 3 ans
De toute façon, tout est interdit.
Bientot, on interdira d'aller dans l'eau à la piscine, il faudra rester à l'extérieur du bassin, car il y a un risque d'hydrocution quand on entre dans l'eau
à quand l'interdiction des voitures, car il y a des risques d'accidends ?
  

je comprends bien ce que vous dites, si je vous croisent je ne me permettrai pas de vous dire quoi que ce soit, j'aurai même sans doute un œil attentif en cas de problème pour venir en aide..... au niveau de la gène j'ai vu un mec avec un record à 6min30, et prés de 150m en dynamique faire une syncope en 30m... comme quoi...
c'est juste une info que je me dois de passer, une formation a laquelle j'ai eu le droit (en club d'apnée). Le réelle problème n'est pas l'apnée en elle même, c'est seulement ça surveillance.
Apnée surveillé = sécurité
Apnée non surveillé = danger
et peu importe les sensations, le temps ou le niveau.

Après en 2014 en France chacun est libre de faire ce qu'il veut:
griller un feu rouge, tourner sans mettre de clignotant, démarrer au T devant un autre nageur, doubler en brasses ect....

bonne nage à tous!
et portez haut les couleurs de nageurs.com!
  

Je me permets de rebondir à nouveau.
Je rejoins quand même la plupart des "nageurs confirmés" (excusez moi, de l'expression, mais bon, quand j'ai appris à nager à 5 ans, je faisais des "longueurs" d'apnées dans mon petit bassin). Je ne pense pas que l'apnée dynamique, c'est à dire, la longueur (minimum 25 m) soit interdite.
Franchement, si les MN s'amusent à repérer les nageurs qui font ça, ils ont pas fini !
  

avatar de bahouimaisnon
BahOuiMaisNon
6 mois
Samsam évidemment vous oubliez de dire que cette personne était un habitué et quil était en hyperventilation je présume ?
Quand je fais mon apnée de 25m je fais pas d'hyperventilation, donc rien à voir ?
  

Beaucoup de pratiques plus ou moins dangereuses ne seraient pas interdites si les usagers étaient spontanément plus disciplinés : c'est le serpent qui se mord la queue.
Pour le bon fonctionnement des piscines, on est bien obligé de définir une pratique "moyenne", et même une pratique qui tire tout le monde vers le haut.

Il me semble que le seul mort à déplorer l'année dernière est un jeune type qui pratiquait l'apnée à la piscine Blomet, et qui ne savait sans doute pas que c'était une pratique dangereuse. Les MNS ont dû se retrouver dans une situation délicate.
  

e me permets de rebondir à nouveau.
Je rejoins quand même la plupart des "nageurs confirmés" (excusez moi, de >l'expression, mais bon, quand j'ai appris à nager à 5 ans, je faisais des >"longueurs" d'apnées dans mon petit bassin). Je ne pense pas que l'apnée >dynamique, c'est à dire, la longueur (minimum 25 m) soit interdite.
Franchement, si les MN s'amusent à repérer les nageurs qui font ça, ils ont >pas fini !
Et bin oui certains le font, comme ceux de LEvallois et je fus moi-même l'objet du délit. On m'a laissé faire une longueur mais pas le seconde, mais je précise que j'ai été averti gentiment.
  

Figolu ca pue. t es bien meilleur quand tu fais de l humour.
  

M'est avis que Figolu ne plaisante pas et qu'il cultive un vrai mépris pour les nageurs moyen.
  

Je suis un nageur moyen. Venu à la natation sur le tard, j'ai appris à nager en observant les nageurs amateurs qui fréquentent les piscines municipales, et dont l'exemple me semble bien meilleur que celui des nageurs de club et/ou aspirants à la compétition, qui n'aiment pas le sport mais la "gagne".

Donc la pratique "moyenne" me semble la plus menacée par l'exaltation de pseudo-valeurs olympiques, qui n'ont d'olympiques que le nom.

Reste à définir le niveau moyen, ce qu'il est possible de faire de manière "statistique", mais aussi de façon plus conforme à l'esprit du sport authentique, par rapport à deux pratiques excessives, en fonction de l'aptitude de chacun.
  

Je voudrais bien la définition selon toi du nageur : amateur, moyen et confirmé. Par tes commentaires, tu te considères quand même un peu au-dessus du lot si je puis me permettre.

On laisse en dehors les nageurs pro accro à la muscu et autres débordements, parce qu'on ne les croise pas dans les bassins aux heures normales.
  

@niluje : On croise peu les (jeunes) nageurs qui se préparent à la compétition, cela dit comme leur pratique est la plus médiatisée, ils représentent le principal modèle de pratique sportive proposé, notamment aux ados.

- Ma définition du sportif amateur : ne pratiquant le sport ni pour la gloire, ni pour l'argent, il le pratique pour le bienfait supérieur à la gloire et l'argent que représente "un corps sain dans un esprit sain".

- A mon tour de te poser une question : que penserais-tu d'un artiste, peintre ou musicien, qui te dirait qu'il compose ou peint d'abord pour la gloire ou pour l'argent, et que n'importe quelle activité lui permettant d'atteindre ces buts lui conviendrait aussi bien ?
  

""un corps sain dans un esprit sain""

T'es sûr ?
  

Non moi je suis pas sûr.
Je mange pas sainement et mon esprit est loin d'être sain(t)


Même le sportif amateur a une idee fausse de lui-même et essaye de se mesurer aux autres. C'est normal car on ne connait pas ses capacités et limites. Du coup on essaye involontairement de les dépasser au révélateurs de nageurs que l'on cotoye.

Ce n'est qu'avec les km engrangés que l'on sait ou est sa zone de confort et d'effort et que l'on parvient à nager tout en faisant fi des autres et sans pour autant les gêner.
par on faut comprendre moi.
Mais je pense que pas mal de nageurs réagissent de la sorte.
  

@Figolu Je trouve ta comparaison assez foireuse. Le domaine de l'art et le sport ne sont pas comparables. Et à en juger par les croutasses qui valent des sommes exorbitantes alors que le travail fourni est maigre.

La pratique sportive, à considérer qu'elle soit régulière met toute personne dans une situation où elle finit tôt ou tard par s'évaluer, que ce soit avec elle-même ou les autres (voire les deux). Ce qui change avec un sportif de compétition c'est l'enjeu derrière. Mais à en juger par le succès croissant des compétitions ouvertes à tous, force est de constater que se jauger permet d'entretenir une motivation constante (qu'on peut perdre à cause de la routine).

L'esprit sain dans un corps sain oui, admettons. Mais pas que.
  

@3r1c : L'objectif du sport rationnel est "un esprit sain dans un corps sain" : cela ne signifie pas que tous les sportifs qui s'adonnent au sport parviennent à cet objectif.
Je précise que cet objectif sportif n'exclut pas l'émulation, mais la gagne "coûte que coûte", objectif avoué des compétiteurs les moins adeptes de la langue de bois.
Je précise aussi que l'objectif d'"un esprit sain dans un corps sain" est la meilleure garantie contre certaines pratiques masochistes et paramilitaires en vigueur dans le sport professionnel.

@niluje : Je critique la compétition quand elle est une invitation "à dépasser ses limites", ce qui constitue un objectif irrationnel et mystique, contraire au modèle sportif antique que certains font semblant de perpétuer derrière les anneaux olympiques.
  

Figolu, je souscrirais volontiers à ce que tu dis si tu introduisais une distinction, au moins de droit sinon de fait, entre compétition et sport professionnel. Le sport tel que nous le connaissons, c'est à dire pratiqué dans un espace mathématisé et reproductible (comme une piscine, un terrain de foot ou une piste d'athlétisme) est né en Grèce pour mettre à l'épreuve et opérer un tri entre hommes libres et égaux. Bien sûr il y a toujours eu des techniques d'exercice du corps et des formes d'activité physique dans toutes les sociétés, mais l'invention du sport comme compétition supposait une formation historique bien précise. Démocratie, mathématique et compétition sportive ont partie liée en effet, car ce n'est qu'à partir d'une société d'égaux que se pose le problème d'une sélection objective, fondée sur une mesure mathématique. Ces procédures de sélection, ces compétitions, les Grecs les appelaient agôn. C'est cela l'origine du sport moderne. Et dans son esprit bien compris, une telle pratique sportive exclut le professionnalisme et tout ce qui l'accompagne (tricherie, corruption, dopage légal et illégal etc.) précisément parce qu'il rompt le principe d'égalité entre concurrents. Du reste pour un Ancien le sport professionnel était une pratique d'esclaves et non d'hommes libres.

Tout cela pour dire qu'on peut pratiquer le sport en tant que compétition sans tomber dans les dérives du professionnalisme. Tout le sport professionnel est construit autour de la compétition, mais toute compétition sportive ne se pratique pas nécessairement dans le cadre malsain du sport business.

J'ajoute qu'il y a dans la compétition sportive quelque chose que je considère comme sain et bénéfique à l'amitié, quelque chose qu'on ne retrouve pas dans la pratique narcissique du sport solitaire. La compétition a en effet cette vertu paradoxale d'éveiller le sentiment d'égalité qui est le fondement de toute amitié. Car la compétition entre égaux en même temps qu'elle installe une hiérarchie entre concurrents, rappelle que cette hiérarchie est provisoire et que les places sont interchangeables. Au reste, là encore, il y a sans doute un lien entre compétition sportive et amitié philosophique, comme on peut le voir dans certains dialogues platoniciens par exemple.

Enfin tu soulignes, à raison, les dérives du sport ultra-compétitif et professionnel, et ce qui est pire, l'influence catastrophique du sport professionnel sur le sport amateur, mais tu devrais dénoncer aussi les pratiques irrationnelles du sport solitaire tout entier tourné vers la quête de soi et qui finit bien souvent en excès et démesures de toutes sortes. Je pense notamment aux accrocs des salles de musculation ou à ces aoûtiens du Sud de la France qu'on voit jogger sous le cagnard à l'heure de la sieste, parfois jusqu'à ce que mort s'en suive. Ces pratiques sont elles inspirées par l'esprit de compétition ? Sans doute diras tu que les sociétés modernes, ultra-individualistes justement parce qu'ultra-compétitives, poussent à ce genre d'excès. Mais je pense que c'est là un sens dégénéré de la compétition. La compétition au sens de saine émulation conduit au contraire à connaître et accepter ses limites, limites qu'on n'appréhende jamais mieux qu'en s'affrontant à autrui.

J'espère que ces quelques remarques feront avancer un débat que nous avons depuis longtemps, et que nous menons, je crois, dans un cadre amical et sainement compétitif...
  

@alexswim : Je ne dirai certainement pas que les sociétés technocratiques (USA en tête) sont "ultra-individualistes" ????
L'importance des réseaux sociaux, du téléphone cellulaire, mais aussi le sentimentalisme et le patriotisme débridés des citoyens nord-américains, leurs sports préférés, tout ça laisse à penser qu'ils ignorent à peu près tout de l'individualisme.

L'esprit du sport antique, lui, est individualiste, incitant à connaître ses limites, et non à les dépasser, comme dans les slogans publicitaires pour le sport moderne.
Ce qui est typique de la société technocratique et du sport de compétition moderne, c'est de dénigrer l'individualisme, comme dans... l'armée.
  

@niluje : le pourquoi des croutasses qui valent des fortunes :

videoplay


(ne pas essayer de le regarder en apnée, ça fait 31 minutes).
  

@niluje : Il y a beaucoup plus de rapport entre le sport et l'art que tu ne le crois. Dans l'art contemporain on parle aussi de "performances", et le milieu de l'art est ultra-compétitif.

Certaines personnes trouvent l'art du moment absurde, mais le gain de quelques dixièmes de seconde sur 100m, devant lequel des centaines de millions de personnes s'extasient ensemble... eh bien c'est exactement le même mécanisme.
  

@niluje : Il y a beaucoup plus de rapport entre le sport et l'art que tu ne le crois. Dans l'art contemporain on parle aussi de "performances", et le milieu de l'art est ultra-compétitif.

Certaines personnes trouvent l'art du moment absurde, mais le gain de quelques dixièmes de seconde sur 100m, devant lequel des centaines de millions de personnes s'extasient ensemble... eh bien c'est exactement le même mécanisme.
  

Aïe, il radote maintenant papy figolu !!!
  

@Dimitri 71 : Et l'entraînement, c'est pas l'art de la répétition ?
  

Je suis d'accord pour le caractère absurde entre l'art et le sport, néanmoins, niveau perf, il n'y a tout de même un large consensus pour savoir qui a gagné une course, alors que, pour ce qui est de la qualité d'une œuvre d'art contemporaine c'est une autre affaire.

Je suis sûre que Figolu, en fait, c'est le philosophe des bassins de Keller, il arrête tout le monde pour pinailler sur leur technique et leur apprendre le sens de la vie.
  

@niluje : "c'est le philosophe des bassins de Keller, il arrête tout le monde pour pinailler sur leur technique et leur apprendre le sens de la vie"

MDR, j'en connais un comme ça... à la piscine de Salzinnes (près de Namur en Belgique).
  

Le consensus dans le domaine de l'art est une affaire de "cote" et de marché : on peut très bien doper la cote d'une oeuvre d'art comme on dope un champion.
(Je fréquente très peu Keller).
  

@figolu : Sans doute, sans doute.... serais-tu apaisé si je te disais que tu as raison ?

L'entrainement pour moi, c'est ma dose d'endorphine, la relaxation en compensation de toutes les pressions subies au boulot et ailleurs, le bien être physique que procure une activité "sportive" de fond (quand je nage moins de 4km, c'est que la piscine ferme avant que j'aie pu les faire), les bénéfices annexes : être "en forme", avoir du souffle, ...

Mais chacun sa pratique, il y a de la place pour tout le monde... le gars qui vient avec des palmes de 60cm faire des "rushes" de 25 mètres, ou le papy qui vient faire ses 15 longueurs à du 1.5km/h... du moment que ça se passe dans le respect et que chacun veille à ne pas gêner autrui.
  

Quant au sujet : l'apnée, j'ignorais que cela puisse mal tourner pour quelque-chose d'aussi anodin qu'une longueur faite sous l'eau. J'ai bien entendu parler d'accidents, mais cela concernait des personnes faisant de l'apnée statique.
  

Figolu, les sociétés modernes sont individualistes parce que technocratiques. C'est l'aboutissement d'un mouvement historique fort connu : les Etats ont élargi leur sphère d'influence en détruisant les liens traditionnels qui unissaient les individus à leur environnement. Pour qu'un État technocratique s'impose il faut d'abord atomiser la société. Cette logique est évidemment à l'œuvre aussi dans les réseaux dits sociaux et dans les sites de rencontres par exemple.

Les sociétés antiques n'ont jamais pensé l'individu, mais le citoyen en tant que membre d'une société pensée comme un organisme, une totalité. Ce sont évidemment les modernes et en premier lieu les américains qui ont fait passer l'individu devant le citoyen.

La performance en art contemporain s'entend au sens de performativité (cf. Austin etc.), pas au sens d'efficience ou de performance sportive. Ne jouons pas sur les mots !
  

@Dimitri 71 : Il y a peut-être "de la place pour tout le monde" dans ta piscine, mais tu comprends qu'à Paris la meilleure organisation possible est souhaitable ; le sport est une bien meilleure base pour s'organiser que le caprice de chacun.

Mon propos consiste à dire que le mauvais exemple ne vient pas tant "d'en bas", des mauvais brasseurs ou des mauvais dossistes, que "d'en haut", d'une pratique du sport de compétition largement irrationnelle.
  

@alexswim : les héros grecs sont plus individualistes que les super-héros de la culture de masse américaine (à peu près tous des super-flics).
  

Extrait d'une thèse de médecine de 2006 trouvée sur google en tapant "apnée syncope", c'est super bien expliqué et très clair, le fait de se sentir à l'aise en apnée n'ôte pas le risque de syncope:


I - DÉFINITION DE LA SYNCOPE :

La syncope est une perte de connaissance brutale et transitoire, spontanément résolutive avec un retour rapide à un état de conscience normal, s’accompagnant d’une perte du tonus postural. Elle est la conséquence d’une ischémie cérébrale globale et passagère [6].

II - MÉCANISME DE SURVENUE DE LA SYNCOPE HYPOXIQUE :

L’hypoxie, dont les effets néfastes commencent à se manifester pour une PaO2 < 50 mm Hg (mémoire à court terme perturbée), provoque au dessous de 40 mm Hg une disparition du jugement critique et en dessous de 30 mm Hg une perte de connaissance [67]. Normalement, la sensation d’inconfort provoquée par l’augmentation du taux de CO2 nous oblige à respirer avant d’arriver à ces taux d’O2. On peut alors se demander, pourquoi en apnée, il est possible d’atteindre ce seuil critique de PaO2 sans que le signal PCO2 n’intervienne. Cela s’explique par trois phénomènes qui se superposent :

1 - En immersion verticale, les variations rapides des pressions partielles alvéolaires d’O2 en fonction des variations de la pression hydrostatique jouent un rôle capital.

Ainsi, l’augmentation de la PAO2 permet :

une utilisation de la réserve alvéolaire d’O2 plus poussée qu’elle ne le serait à la pression atmosphérique, permettant de prolonger l’apnée en hypothéquant la réserve d’O2 ;

de ressentir un état d’euphorie : l’apnéiste se sent bien au fond et peut être tenté d’y rester trop longtemps ;

une inhibition du stimulus CO2, donc l’apnéiste ne ressent pas l’envie de respirer au fond.

A la remontée, la consommation d’O2 et la baisse de la pression hydrostatique jouent dans le même sens pour faire chuter la PaO2, créant une hypoxie très rapidement croissante, d’autant plus importante que la surface est proche.

2 - Avec l’entraînement, les apnéistes développent une plus grande tolérance au CO2 et surtout un plus grand lâcher prise sur les sensations d’inconfort.
L’apnéiste entraîné pourra donc accepter ces signaux de soif d’air jusqu’à ce que l’O2 parvienne au seuil critique de la syncope.

3 - L’hyperventilation réduit la PaCO2 qui reste basse tout au long de l’apnée ; l’apnéiste peut ainsi prolonger son apnée sans sensation désagréable de soif d’air.
Pendant ce temps, le corps continue à consommer de l’oxygène. Or le stimulus PaO2, en l’absence d’autre stimulus, semble insuffisant pour interrompre l’apnée.
De plus l’hypocapnie provoque une vasoconstriction cérébrale provoquant une moins bonne tolérance à l’hypoxie [19].

La syncope hypoxique peut se produire sous l’eau (le plus souvent à quelques mètres de la surface) ou en surface, même quelques secondes après la reprise ventilatoire.
En effet, l’hypoxie dangereuse peut survenir dans les quelques secondes suivant la rupture de l’apnée. Nous avons vu précédemment que la pression transcutanée d’O2 peut atteindre son minimum jusqu’à 24 secondes après la rupture de l’apnée. [8]. Le même phénomène se produit au niveau cérébral : il faut plusieurs secondes pour que l’oxygène de l’air inspiré ne parvienne au cerveau. Il est donc important de bien surveiller l’apnéiste même après l’émersion.

Si la syncope survient dans l’eau, le principal risque est la noyade. Mais dans un premier temps, plusieurs mécanismes reculent ce risque [72] :

Si le sujet a hyperventilé avant l’apnée, la PCO2 lors de la perte de connaissance est insuffisante pour exciter les centres bulbaires qui restent alors inactifs malgré la cessation de l’effet inhibiteur cortical ;

Le fait d’être inconscient protège : le cerveau « endormi » est moins sensible à toute stimulation dont celle du CO2 élevé ;

La perte de connaissance relâche les muscles inspiratoires et les poumons se vident partiellement de leur air, puis surviennent les premières secousses respiratoires lors de la reprise ventilatoire. Si de l’eau pénètre dans le larynx, ce dernier se ferme hermétiquement. Au plus, quelques millilitres d’eau entreront dans les poumons si le retour à la surface a lieu rapidement après la survenue de la syncope.

Bien sûr, ces mécanismes trouvent vite leur limite et si le syncopé n’est pas secouru, ses poumons se rempliront rapidement d’eau.

Le nombre de cas de morts par syncope n’a pas été recensé. En chasse sous-marine, nous savons qu’il s’est produit de nombreux accidents mortels ; on peut supposer qu’il s’agissait de syncopes. Ces décès sont survenus le plus souvent lorsque les chasseurs ou les apnéistes plongeaient seuls.
En structure (club, compétition, record), nous n’avons pas connaissance de décès ayant comme cause directe la syncope.
  

@Eli : info très intéressante, merci. Si je la comprends bien, le risque semble limité pour des personnes qui se limitent à faire 25 mètres sous l'eau.
  

@alexswim : les héros grecs sont plus individualistes que les super-héros de la culture de masse américaine (à peu près tous des super-flics).
  

Les risques que l'interdiction de l'apnée vise aussi à prévenir :

- crise cardiaque (le jeune type de Blomet en peut-être mort ?) ;
- mauvais exemple donné à des nageurs inexpérimentés venus à la piscine pour s'amuser et qui pourraient être tentés d'imiter une pratique à risque en ignorant ce risque.
- de façon anecdotique, ça permet d'exiger de nageurs qui pratiquent une sorte de brasse "très coulée", sur 10-20 m, de perturber tout un couloir en période d'affluence, sachant ce genre de nageur regarde rarement qui est au-dessus de lui en remontant à la surface.
  

Ce dernier point n’est pas si anecdotique : les brasseurs des grands fonds peuvent être particulièrement gênants, qu’ils soient rapides ou lents. Si l’on veut vraiment faire une longueur en apnée, je ne vois pas ce qui empêche de la faire en crawl et en restant à la surface.
 

 

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