samedi 4 mars 2017
posté par ols à 12:34

Piscine Paul Valeyre frequentation

vu 2967 fois, followers=15
Ai nagé jeudi 2 mars matin 7h30 a 8H00, fait 1100 metres; le site indique frequentation faible le matin, bon à 4 ou 5 par ligne d'eau surtout quand la ligne gauche est neutralisée par des cours vers 7 h 45, on peut pas dire que la frequentation soit faible. A mon sens c'est pas "faible frequentation" c'est " dense" mais encore jouable .
Niveau des nageurs correct, pas trop de lambins. Eau assez fraiche, il faut se remuer et on oublie vite.

34 commentaires

  

Fréquentation record hier midi à Valeyre ! En aperçu une belle synthèse de tout ce qui ne va pas dans nos bassins : un cours d'aquagym sur la moitié des longueurs ; une ligne "rapide" envahie par les brasseurs (contrairement à la petite sœur de Valeyre, Drigny où les brasseurs sont expressément exclus de la ligne rapide) ; deux ou trois palmeuses et un malotru qui pratiquait le papillon dans cette même ligne rapide ; des MNS totalement débordés.
  

C'est vrai que le couloir rapide à Valeyre n'est pas très rapide ; mais, en cherchant un peu, il y a des créneaux horaires où la circulation est très fluide dans cette piscine.
La différence avec Drigny n'est pas que les brasseurs y sont expressément exclus du couloir rapide (seul un MNS sur cinq ou six fait appliquer "l'interdiction" - zèle au demeurant parfaitement inutile), mais que le niveau moyen est supérieur en ce moment à Drigny.

- Quand quatre ou cinq nageurs de niveau moyen occupent un couloir de 25 m dit "rapide" constamment, en nageant au-dessus de 3 km/h, le message envoyé aux nageurs qui viennent plutôt se détendre est clair (et pas agressif) ; c'est ce que les nageurs qui n'ont pas l'habitude regardent en premier ; les panneaux ne servent pas à grand-chose : comment demander à un bon brasseur de se coller dans un couloir lent, quand le couloir "rapide" est occupé par 3-4 crawlers qui rament avec des pull-buoys ?

- D'une manière générale les panneaux ne remplacent pas un MNS expérimenté, capable d'apprécier la situation globalement et de ne pas céder aux réclamations de tel ou tel, qui n'est pas là depuis plus de dix minutes et demande déjà une réorganisation du bassin.
  

Je précise que je ne brasse quasiment jamais, et que ma remarque sur les brasseurs n'est donc pas "intéressée".
  

Il y a un petit moment que j'était pas venu a Paul valeyre , oui aujourd'hui un peu de monde un peu dur pour nager , pour ma part je brasse, d'habitude je vais à saint merri là c'est le top peu de monde et il sont sympa en plus
  

- Les brasseurs ne sont pas seulement plus lents, mais surtout plus difficiles à doubler. Je préfère un crawleur évoluant à 2km/h qu'un brasseur à 3 km/h. Dans les deux cas, je dois les doubler, mais dans le deuxième ce sera beaucoup plus difficile et surtout plus dangereux. Le pire ce sont les virages (la culbute est dangereuse en présence de brasseurs).

- Les panneaux sont utiles quand ils interdisent la brasse. S'il y a seulement écrit "nage rapide", alors il y aura toujours un brasseur pour dire qu'il est plus rapide que tel ou tel autre crawleur. À Drigny les habitués dont je suis n'hésitent pas à montrer le panneau aux récalcitrants.

- Je précise en revanche que je pratique la brasse et que je change de couloir au milieu d'un 4N.
  

Tellement d’accord avec alexswim. Le problème n’est pas la vitesse, mais les coups de ciseaux dans la tronche… – et effectivement, surtout au T en repartant en coulée…
  

- Le hic, c'est que les personnes qui doublent provoquent aux heures de pointe autant de perturbations que celles qui ne doublent pas (doubler est un art mal maîtrisé par la plupart).

- Les panneaux à G. Drigny interdisant la brasse sont inutiles (je précise que je fréquente cette piscine depuis plus de 10 ans). Un emm. pendant plus d'un an a perturbé le couloir "crawl", sous prétexte qu'il faisait du dos crawlé, et cette situation pourrait bien se reproduire.

- Mieux vaut laisser les MNS régler les problèmes de circulation s'il y en a ; l'expérience montre que les bons nageurs se font respecter par leur façon de nager, et pas grâce aux panneaux.
  

- Doubler est un art difficile aux heures de pointe ? Raison de plus pour interdire les brasseurs (dans les lignes rapides) qui obligent à se décaler beaucoup trop à gauche pour les doubler.

- L'uilité des panneaux à Drigny ? Éviter les brasseurs ! Il y en a beaucoup moins dans cette piscine que dans celles, comme Valeyre, où l'interdiction n'est pas explicite. Les panneaux permettent aux crawleurs d'écarter gentiment les récalcitrants sans faire intervenir les MNS.

- Le rôle des MNS ? Leur mission première est d'assurer la sécurité. Aux heures de pointe ils n'ont pas le temps de faire la circulation. Ce sont eux justement qui décident de mettre les panneaux. Aux Halles, à Vallerey, à Drigny etc. les équipes de MNS ont toutes fait le choix de faire des couloirs sans brasse. Il y a une raison à cela. C'est qu'il savent, comme tous les bons nageurs, que la cohabitation est beaucoup plus difficile dans une ligne rapide si on laisse les brasseurs.

- Les bons nageurs se font respecter dans les piscines publiques ? C'est sans doute pour cela qu'on en voit si peu ! Si un nageur est suffisamment mal élevé ou distrait pour venir brasser au milieu d'une ligne rapide interdite à la brasse, on voit mal pourquoi il se mettrait spontanément à respecter l'entraînement d'un bon nageur.
  

- Tu as raison, un brasseur lent avec une amplitude large peut être un fléau, s'il feint de ne pas comprendre qu'il dérange tout le monde ; mais ça ne doit pas faire oublier que d'autres comportements sont aussi gênants.

- En revanche je ne crois pas à l'utilité des panneaux, parce que j'ai connu tous les cas de figure à Drigny, et que je n'ai pas noté de différences en fonction des diverses réglementations. Je crois que la (plutôt bonne) organisation de Drigny vient de ce que les MNS y sont expérimentés et présents depuis de longues années.
Il y a des bassins comparables à Drigny qui sont à peu près aussi bien organisés sans cette signalisation.

- On voit assez peu de bons nageurs dans les piscines publiques... aux heures d'affluence ; ils prennent sans doute en compte le fait que ces créneaux horaires sont adaptés à un niveau moyen.
Après, il y a quelque temps, il y avait une bonne nageuse membre d'une équipe de triathlon néo-zélandaise qui venait s'entraîner à G. Drigny, et les autres nageurs lui facilitaient la tâche (lui cédaient le passage), pas seulement parce qu'elle était canon, mais parce que son niveau imposait le respect.
Les "frictions" ont lieu plutôt entre nageurs moyens ayant des styles de nage différents.
  

Bjr ...comment se définir bon nageur ? Sur quels criteres ? Diversité des nages ? Rapidité? Culbute au T ? Comparaison avec les autres nageurs ? Ego ? En alignant une seule nage pendant des kms ? Ou bien en pratiquant les 3 en alternance ? (Ne compte pas Le papillon pour moi etant une nage spectaculaire et belle mais d apparat et peu pratiqué par les nageurs lambda). Suis perplexe ....Vaste question....
  

Figolu,

- Les panneaux "nage rapide" me paraissent utiles si et seulement ils interdissent la brasse. Autrement effectivement, ils ne servent pas à grand chose.

- Encore une fois ce sont les MNS qui décident quand et comment placer ces panneaux. Les panneaux ne sont pas là pour les remplacer, mais pour les aider dans leur tâche.

- Je t'ai connu plus sévère avec les nageurs de compétition ! Ta néo-zélandaise devait effectivement être particulièrement canon... Préviens nous quand elle revient.

Chris52,

Vaste question en effet. Aux horaires de grande affluence dans les bassins parisiens, nager à 3km/h ou un peu plus en continu sur quelques kilomètres te place dans le peloton de tête s'il n'est question que de vitesse.
  

J'estime un bon nageur à son état de conservation à cinquante, soixante ou soixante-dix ans - avant, ce n'est que de la fougue plus ou moins bien maîtrisée.
  

Suis pas sûr que cette Néo-zélandaise était une "pro" ; j'aurais pu mentionner aussi un joueur de water-polo aussi large que le couloir ; quoi qu'il en soit, on pourrait penser que ce genre de bonne nageuse ou de bon nageur va être incommodé, or c'est très rare qu'il aille porter réclamation au MNS de service.
  

Inutile d'être pro pour faire de la compétition, heureusement d'ailleurs. Comme je te l'ai souvent fait remarquer, je pense qu'on peut faire de la compétition sans tomber dans les excès du sport professionnel. Et à tout prendre je préférais toujours la saine émulation d'une compétition sportive à une approche exclusivement sanitaire et finalement bien triste du sport.

Je vais nager 3/4 fois par semaine à Paris depuis 8 ans maintenant et je ne croise quasiment jamais d'excellents nageurs, même aux heures creuses. Sans doute parce qu'il leur est impossible de nager dans de bonnes conditions.
  

Pour ma part, alexswim, j'ai pris conscience du problème que pose le sport dit "de haut niveau" lors d'un séjour (prolongé) aux Etats-Unis : le culte du sport est répandu dans cette nation ultra-moderne, en même temps que l'hygiène de vie y est déplorable ; après quelques mois d'observation, j'en suis arrivé à la conclusion que ces deux phénomènes - absence de savoir-vivre et culte du sport de compétition, sont liés.

- Maintenant je te conseille d'aller dire à quelqu'un qui n'est pas en pleine possession de ses moyens physiques qu'"être en bonne santé, c'est triste".

- Je croise pour ma part chaque semaine d'excellents nageurs dans les piscines parisiennes, c'est-à-dire des types qui, à 50, 60 ou 70 ans sont grâce au sport dans une forme éblouissante, que pas mal de types de 25 ou 30 ans peuvent leur envier. Ces exemples sont trop rares, et on pourrait tirer selon moi beaucoup plus de ces équipements coûteux que sont les piscines publiques (forcément dans le collimateur quand il faut réduire les gaspillages).
  

- Faire du sport pour préserver son capital-santé me paraît en effet une approche appauvrie du sport, et plus généralement de la vie. Cela ne veut pas dire qu'il est triste de se soigner ou d'être en bonne santé, bien au contraire, mais qu'il y a des raisons positives de nager autrement plus enthousiasmantes qu'un médiocre petit calcul hygiéniste. Le sport c'est d'abord un jeu, un goût pour l'effort ou une esthétique gestuelle (ou un mélange de ces trois ingrédients). La santé vient, mais elle vient par surcroît. Quant à ceux qui vont à la piscine pour des raisons médicales, je suis certain qu'ils se prennent rapidement au jeu et finissent par venir pour de toutes autres motivations.

- Ce que la société américaine nous transmet c'est un culte de le forme physique et de l'éternelle jeunesse dont les fidèles sont le plus souvent les classes aisées, celles qui peuvent investir du temps et de l'argent dans le remodelage permanent de leur morphologie (par le sport, la chirurgie esthétique ou des cures diverses et variées). Ton approche exclusivement médical du sport me paraît parfois davantage inspiré par le narcissisme de l'hyper-class de la société libérale américaine que par la juste mesure des Anciens.
  

En opposant "l'esthétique gestuelle" (discutable dans pas mal de disciplines en dehors de la natation synchronisée) au bénéfice d'un esprit sain dans un corps sain, tu ne crains pas de passer pour un snob, alexswim ?

- Je ne crois pas que la société américaine soit "hédoniste" au sens épicurien du terme : ce que l'on peut observer aux Etats-Unis, c'est le gaspillage de la ressource humaine, non pas son économie. Autrement dit, si les Nord-Américains font du sport pour être en bonne santé, le moins qu'on puisse dire c'est que c'est un échec.
  

J'ai le sentiment que tous les nageurs passionnés sont un peu comme moi, Figolu : ils sont amoureux du beau geste et de la technique juste qui allie puissance et fluidité dans l'eau. Je soutiens qu'il y a un plaisir d'ordre esthétique à bien nager ou à regarder les bons nageurs. Aimer un sport c'est aimer sa technique, son esthétique gestuelle et les sensatisons qu'il procure. Je ne vois pas ce qu'il y a de snob là dedans.

Je n'ai pas parlé d'hédonisme, mais du médiocre petit souci de soi et du fantasme de la jeunesse éternelle qui caractérisent aussi la société américaine dans ses classes les plus aisées et qui s'exprime à travers la chirurgie esthétique, les cures de toutes sortes, mais aussi dans une certaine idée du sport conçu comme bain de jouvence.
  

En opposant "l'esthétique gestuelle" (discutable dans pas mal de disciplines en dehors de la natation synchronisée) au bénéfice d'un esprit sain dans un corps sain, tu ne crains pas de passer pour un snob, alexswim ?

- Je ne crois pas que la société américaine soit "hédoniste" au sens épicurien du terme : ce que l'on peut observer aux Etats-Unis, c'est le gaspillage de la ressource humaine, non pas son économie. Autrement dit, si les Nord-Américains font du sport pour être en bonne santé, le moins qu'on puisse dire c'est que c'est un échec.
  

Quelle nage est esthétique ? Le papillon ? Il faut vraiment un très bon niveau, que l'on voit rarement ; le plus souvent on dirait la fonction essorage d'une machine-à-laver.
La brasse est très technique, mais pas franchement esthétique à cause de l'effet "batracien".
Le sprint, je n'en parle même pas, on est à la limite du ridicule, de même que la nage sur le dos.
Pour ma part, en dehors de la "coulée" de certains nageurs souples, je ne trouve pas que le natation soit un sport très esthétique.
  

Là franchement tu m'étonnes ! En crawl par exemple, je trouve que les grands nageurs sont très beaux à voir évoluer : aucun mouvement parasite, alignement parfait du corps, souplesse et élégance dans le retour de bras, fluidité, glisse etc.

Les champions, surtout les sprinters, c'est à l'entrainement (quand ils évoluent à faible intensité) qu'on peut le mieux apprécier leur technique.

À la limite, si je te persuadais que ça avait le même effet sur ton espérance de vie, tu pourrais faire tout aussi bien du rameur dans une salle de musculation ?!
  

Je pense que Figolu n’a jamais vu de nageurs de haut-niveau nager, oui
  

Mettons les nageurs de crawl, mais à condition d'exclure le 50 m, voire le 100 m, où c'est la puissance brute qui s'exprime.

Pour admirer un nageur souple, donnant une impression de facilité, il faut se situer près de lui, être soi-même dans l'eau.
Globalement je trouve que la natation est moins esthétique que d'autres sports, et puisque l'on cause des piscines municipales, elles n'offrent pas dans l'ensemble un spectacle très esthétique, c'est le moins qu'on puisse dire.

Je ne nie pas que la natation peut contribuer à modeler le corps de façon harmonieuse et esthétique, mais ce n'est pas la même chose que d'affirmer que le papillon ou la brasse sont "esthétiques".

- Petit précision, je ne parle pas "d'espérance de vie" en termes chronométriques, mais de conserver la pleine possession de ses moyens physiques au-delà du commun des mortels ; c'est la qualité qui compte, non la quantité, surtout si on se place du point de vue antique contre le point de vue moderne.
  

avatar de grandesprit
Grandesprit
> 4 ans
menu
Le beau selon les dictats de Figolu, juste inquiétant pour sa vision, s'il y avait à s'inquiéter pour un être si supérieurement doté en raison..
Les grand nageurs seulement Alex swim?
Pourtant, moi, bien que je ne sois pas grand, je me prévaux de nager comme un roi, ou un prince des nuées et mon humour quoi que merdique est inversement proportionnel à ma gestuelle, mêlant puissance et raffinement.
Sinom, comment expliquer ces défaillances à ma simple vue, ces petits regards en coin, ce purpurea incontrôlé aux pommettes des plus stoiques barboteuses?
  

Figolu, l'essentiel de mon propos consistait à dire qu'il y avait un plaisir d'ordre esthétique à se sentir progresser techniquement dans un sport, en l'occurrence en natation. J'ai du mal à comprendre qu'on puisse nager uniquement pour les effets que la natation aura sur notre silhouette ou sur notre santé. Et pour ceux dont c'est le cas, je ne vois pas comment ils peuvent défendre une approche puriste de la natation (nage sans PB, sans palme etc.) Car si la seule motivation c'est le sport pour la santé, alors il est inutile de nager correctement, il suffit de s'agiter dans l'eau, faire monter son rythme cardiaque et solliciter ses muscles.
  

Je parlerais plutôt de contentement éthique plutôt que de plaisir esthétique.

Quant à la devise antique "Un esprit sain dans un corps sain", elle décrit parfaitement l'objectif de santé du sport antique, tandis que la mystique du sport moderne, la soif de performance, est beaucoup plus difficile à définir, c'est-à-dire moins consciente ; elle reflète la culture technocratique, dont je crains que nous n'ayons pas fini d'endurer les conséquences.
  

Contentement éthique soit, mais cela ne saisit rien de l'expérience de la natation. Ne pourrait-on pas dire cela de n'importe quel sport pourvu qu'il soit sainement pratiqué ? Tout ce que je dis et qui ne va pas chercher bien loin, c'est qu'il y a une technique, et avec elle, une certaine esthétique, qui est propre à chaque sport. Et que si l'on fait du sport uniquement pour faire du sport (pour les bénéfices que l'on peut en tirer), on passe à côté de quelque chose.
  

Si quelqu'un fait du sport pour avoir un esprit sain dans un corps sain, il ne fait pas "du sport pour faire du sport", par quoi tu décris parfaitement la quête de performance contemporaine ; abaisser le record du monde du 50 m n'a pratiquement aucun intérêt d'aucune sorte, sauf à alimenter le blabla des journalistes autoproclamés sportifs.
  

Les Grecs avaient un culte de la forme, i.e., pour aller vite, de la réalisation dans la matière d'une essence. Il n'y a qu'à voir leur statuaire sportive. Bien nager aurait signifier pour eux ceci : réaliser les gestes les plus adaptés au mouvement dans l'eau compte tenu des contraintes du corps humain. Et c'est dans l'exacte mesure où ces gestes étaient les plus adaptés qu'ils étaient à la fois beaux et conformes à l'éthique. Dans leur esprit le beau, le bien, le juste se rejoignent. C'est cette identité qui est au cœur du mens sana in corpore sano. C'est donc une définition anti relativiste de l'esthétique que j'ai en vue, parfaitement homogène à ce que tu appelles éthique.
  

Les Grecs pratiquaient la natation, mais ne l'ont pas autant mise en valeur dans l'art que d'autres disciplines sportives.

Un brasseur nage comme une grenouille, et cette ressemblance avec un batracien n'est pas esthétiquement très flatteuse. Certes les Grecs sont attentifs à la forme, mais toutes les formes naturelles ou surnaturelles ne se valent pas pour eux : il y a des animaux vils, et d'autres plus nobles.

Sur le plan éthique, les Grecs font valoir l'importance de connaître ses limites, tandis que dans la culture sportive moderne (des régimes technocratiques), axée sur la compétition et la performance, c'est le fait de repousser toujours plus loin ses limites qui a une valeur quasi-mystique.
  

- L'homme étant un animal non aquatique, il n'est pas étonnant que dans les catégories de la pensée classique (genres, espèces, différences spécifiques etc.), la natation n'ait pas été tenue en très haute estime. À la limite, il y aurait eu, aux yeux des Grecs, quelque chose de grotesque à organiser des spectacles de natation sportive. Ce n'était pas affaire de goût, mais d'ordre cosmique : l'homme n'étant pas fait pour nager, une course de nageurs ne pouvait être ni belle ni édifiante. On sait l'horreur que leur inspiraient le mélange des genres et les formes impures, et je pense qu'ils auraient moqué, comme toi, les brasseurs-batraciens.

- A mes yeux de moderne qui ne croit plus aux essences fixes et à une nature humaine aux contours bien dessinés, il semble qu'on peut tout de même garder quelque chose de l'héritage classique, à savoir un certain souci de la forme, de la précision technique dans le respect des contraintes, qu'elles soient de nature ou de convention. C'est en tout cas à mes yeux ce qui distingue la natation du barbotage et des activités para-natatoires. Sur ce point et partant de tes prémisses, je ne vois toujours pas comment on peut faire le tri, comment on peut, par exemple, rejeter l'usage du PB et des palmes ou l'aquagym.

- Les Grecs auraient sans nul doute dénoncé la démesure à l'œuvre dans le sport professionnel sans rejeter en bloc la compétition, l'"agon" qui était au cœur de leur civilisation. La compétition est née en même temps que la démocratie et cela pour une raison simple : entre citoyens libres et politiquement égaux, il fallait bien des procédures de sélection.
  

Figolu a écrit :
Les Grecs pratiquaient la natation

Bon ben puisque tu en sais énormément sur la grèce antique et sur la pratique de la natation de l'époque, j'en profite pour poser plein de questions sur cette période :
- Avaient-ils des panneaux en bout de ligne pour indiquer les niveaux de nage ?
- Pratiquaient-ils l'aquagym et la natation aux mêmes horaires ?
- Sur la circulation dans les lignes, tournaient-ils dans le sens anti-horaire comme en France ou faisaient-ils comme en Angleterre en alternant le sens de rotation d'une ligne à l'autre ?
- Prêtaient-ils du matériel (planche, pull buoy) ou fallait-il ramener les siens ?
- Le bonnet de bain était-il obligatoire ?
- les caleçons longs étaient-ils autorisés ?
  

Passionnantes et essentielles questions niconocturne qui ouvre de nouvelles perspectives dans ce débat qui allait s'enliser. J'attends avec impatience les réponses savantes et alambiquées de nos grecophiles aquatiques. Bisous de lapponie où il y a plus de rennes que de nageurs 😨
  

@alexswim : la précision technique est quasiment le seul domaine où les modernes peuvent se vanter d'être supérieurs aux anciens Grecs.
 

 

Répondre au message


Votre pseudo
Votre email
Sujet :
Message

 

 

Précédent | Retour | Suivant